I. TomoieaaKe de Martin Ladvenu
LE PUOCKS. — l'audience PUBLIQUE. 127
aperçu et, furieux, avait crié au moine: « Pourquoi donc ailles-tu à cette méchante en lui faisant tant désignes? Par la morbleu, vilain, si je m'aperçois plus que tu mettes peine de la délivrer et avertir de son profit, je te ferai jeter en Seine ». Guillaume Duval, eflVavé, s'était enfui dans son couvent.
Devant un peiit nombre déjuges, bien choisis, on pourrait, sans trop violer la légalité, arranger les choses afin de les amener où on voulait aboutir. Quand l'accusation serait habilement mise au point, il serait toujours aisé d'emporter une grande majorité pour la condamnation parmi ces hommes faibles, ou intimidés, ou prévenus, ou achetés. Mais il fallait préparer la besogne en petit comité. Six jours furent emplovésà faire une sorte de résumé du procès, pour déterminer les lacunes qu'il présentait encore et les points h éclaircir devant le tribunal restreint*.
I. Ce sont ces délégués chargés de poursuivre le procès dans la prison qui doivent porter avec leur maître, Cauchon, et Jean d'Estivet, le bras droit de Cauchon, la principale responsabilité de la grande iniquité commise par la condamnation de Jeanne d'Arc. Ils se nomment Jean Beau père, Jacques de Touraine, Nicolas 3Iidy, Pierre Maurice, Thomas de Courcelles, Nicolas Loiseleur. Les trois premiers furent ensuite euvovés à Paris pour entraîner l'adhésion officielle de l'Université à la condamnation. Beaupère, Midy, Maurice étaient chanoines de Rouen; Loiseleur, chanoine de Chartres; Courcelles, docteur de Sorbonne; et Jacques de Touraine, frère mineur.