‹ La vénérable Jeanne d'ArcChapitre 46 sur 65 · L ABJURATION. — LE SUPPLICE · texte numérisé non relu

L ABJURATION. — LE SUPPLICE

en toul îi l'Eglise. Elle déposa le jour même le vêlement d'homme qu'elle portait depuis vingt-sept mois. Elle avait les cheveux taillés en rond à la hauteur du cou ; coiffure ordinaire aux hommes de ce temps. Elle souffrit que sa chevelure fût entièrement rasée ; et sans doute prit une coiffe, analogue à celle des religieuses.

Cauchon avait-il prévu, avait-il souhaité ce dénouement? Les témoignages semblent contradictoires; mais un examen un peu attentif permet de les concilier. Un docteur anglais, présent à l'abjuration, dit vivement à Cauchon : o Une telle abjuration n'est pas sérieuse; il ne faut pas l'admettre. » Cauchon se mit en colère, et répondit : « Vous mentez! Je suis juge en la foi; je dois poursuivre le salut du pécheur, et non sa mort^ »

Mais un témoin i-aconte' qu'après l'abjuration, les Anglais furieux criaient aux juges : « Vous n'avez pas gagné votre argent. » L'un d'eux répondit : « N'ayez crainte. Nous la rattraperons. » [Reliahebimus.)

Ce juge était-il Cauchon lui-même? Il n'est pas probable. Mais un témoignage très sûr^ atteste du moins que, trois jours plus tard, quand Cauchon se fut assuré que Jeanne avait repris l'habit d'homme", on le vit au milieu des x\nglais, donner les signes

1. Témoignage de Guillaume du Désert, chanoine, au procès de réhabilitation.

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