‹ La vénérable Jeanne d'ArcChapitre 47 sur 65 · Témoignage d'Isambard de la Pierre · texte numérisé non relu

Témoignage d'Isambard de la Pierre

d'une joie tiioinpliantc : on rcnlcndil crier h War- Avick, et à (raulrcs : « Elle est prise! » (ou bien : « Farcivcin iinics bonne clicrc.) C'est fait', »

Ces divers lémoij^nages peuvent aisément se concilier. Cauclion ne fut pas fâché que Jeanne fût absoute, après avoir abjuré; à condition que l)ienlôt elle fût reprise et condamnée Ainsi se conciliait une apparence d'impartialité avec la satisfaction d'avoir forcé Jeanne à désavouer un jour sa mission; avec le plaisir de la vengeance personnelle; avecle loyer espéré d'un tel service rendu aux Anglais. Pour ceux-ci, leur volonté arrêtée do faire périr la prisonnière est certaine. Plusieurs témoins ont affirmé au procès de réliabilitalion que les soldats anglais refusaient même de reprendre la campagne, et d'aller assiéger Louviers, tant que la Pucelle serait vivante.

Et toutefois la vie qu'on lui laissait était pire que la mort. Elle demeurait en prison, enchaînée, livrée à des hommes grossiers et cruels, qui renonçaient à regret à la joie de la voir brûler, et qui le lui disaient. Peut-être entendit-elle ses juges dire à ses geôliers de patienter seulement un peu. En tout cas, l'évément justifia le mot. Dans raprès-midi du dimanche un bruit se répandit que Jeanne avait repris ses habits d'homme, contre l'ordre reçu, contre la promesse faite. Elle était relapse^ rien ne pouvait plus la sauver.

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