‹ La vénérable Jeanne d'ArcChapitre 55 sur 65 · L'ABJURATION. — LE SUPPLICE · texte numérisé non relu

L'ABJURATION. — LE SUPPLICE

nement et facilement expédier, ni alleindre à elle; de quoi il était fort marri et avait grande compassion de la forme et cruelle manière par laquelle on la faisait mourir'. » Jean Tressart, secrétaire du roi d'Angleterre, en revenant du supplice, montra de môme une grande tristesse et un trouble profond. Il disait en gémissant : « Nous sommes perdus ; nous avons brûlé une sainte ! * » Un soldat anglais avait juré d'ajouter un fagot au bûcher; il fît ainsi, mais, en entendant Jeanne d'Arc crier : « Jésus ! », frappé de stupeur, il perdit connaissance. On l'emmena dans une taverne près du Vieux-Marché pour le ranimer. Un autre prétendit qu'au moment où elle expirait, il avait vu une colombe s'envoler du bûcher'. Ainsi le dur cœur de quelques-uns de ses ennemis ressentit un peu de pitié au spectacle de son martyre ! Le crime ne s'en accomplit pas moins jusqu'au bout. Les cendres de Jeanne, avec le cœur et les entrailles, (jue le feu n'avait pas consumés (au témoignage du bourreau), furent jetés à la Seine en même temps que les restes du bûcher.

N'exagérons pas, d'ailleurs (comme on a fait souvent), le repentir de ses ennemis. Un religieux Prêcheur, pour avoir osé dire qu'on l'avait mal jugée, dut

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