‹ La vénérable Jeanne d'ArcChapitre 57 sur 65 · L'ADJURATION. — LE SUPPLICE · texte numérisé non relu

L'ADJURATION. — LE SUPPLICE

nom (lo Dk'u, pliitùl ([ue les pasteurs et docteurs (le l'Eglise, à qui le (ilirist a dit : « Allez, euseiijnez toutes les nations », aussitôt la reli^^ion périra, la foi tombera, TP^glisc sera foulée aux pieds et l'iniquité de Satan régnera sur le monde entier. »

Sans doute, il v a quelque affectation, pour ne pas dire quelque hypocrisie, dans celte pngc. Toutefois ne nous indique-t-elle point des scrupules et des craintes qui, pour avoir été simulés dans l'esprit de quel(jues-uns des juges, ne l'étaient pas également chez tous? Abordons franchement ce point délicat.

Le procès de Jeanne d'Arc ne fut pas sincère; on Fabien montré par les témoignages du procès de réhabilitation. La pression fut scandaleuse; les Anglais voulaient absolument obtenir la mort de la Pucelle, et le chef du tribunal était un ennemi personnel de l'accusée. JMais enfin ce ne fut pas uniquement pour obéir aux Anglais et satisfaire Cauchon que tant de docteurs condamnèrent Jeanne d'Arc. Tous ne furent pas simplement vendus; plusieurs crurent sincèrement que la fermeté de l'accusée tenait en échec l'autorité de l'Eglise. Cauchon, fort habilement, séduisit les crédules par cet argument, comme il savait gagner les habiles par d'autres moyens. Tout fut mis en usage pour perdre la victime : l'argent, les menaces, les promesses, la corruption, et même les scrupules. Tous les juges ne furent pas également infâmes ; plusieurs furent seu-

leinent aveuglés par la prévention. Le dire, ce n'est pas beaucoup relever la dignité humaine ; il faut toutefois lui concéder cette circonstance faiblement atténuante.

Page 1