‹ La vénérable Marie RivierChapitre 113 sur 279 · Lettre de M. Vernet, du 3 janvier 1S · texte numérisé non relu

Lettre de M. Vernet, du 3 janvier 1S

i; LA VÉNÉRABLE MARIE RIVIER.

avec elle un même emploi pendant dix-sept ans. Je l'ai toujours vue gracieuse, polie, prévenante ; rien ne lui coûtait pour obliger LUtres Avec elle, les enfants étaient toujours contentes. Elle avait une saute fort délicate ; les suites de l'opération du cancer lui occasionnaient souvent des douleurs très aiguës. Je la voyais pourtant, à ma grande confusion, aussi attentive à se mortifier en toutes choses, que d'autres le sont à chercher leurs aises ou à éviter ce qui gène et fait souffrir. » Antide Lesne avait fait sa profession sous le nom de sœur Gertrude.

Un mois après, sa bonne mère venait la rejoindre. La Vénérable Mère Kivier manifesta d'abord quelque appréhension à recevoir, dans sa Communauté, une personne de quarante-huit ans, qu'elle supposait devoir s'accoutumer difficilement à la vie dure du couvent de Thueyts ; mais M. Yernet, qui connaissait de longue date les vertus d'abnégation et de simplicité de cette fervente chrétienne, la rassura. « Mme Lesne, disent les Annales, se montra la digne émule de sa fille, en piété, en modestie et en douceur ; elle fut chargée du soin des malades et des infirmes, et son expérience rendit à la Communauté, dans l'exercice de cette fonction, les plus grands services ; elle établit même une petite pharmacie destinée au public, à ia grande satisfaction des habitants de Thueyts. »

Peu de jours après l'arrivée à Thueyts de Mme Lesne, la Communauté ouvrait ses portes à une nouvelle auxiliaire, dont les talents allaient lui rendre des services plus éminents encore. Les circonstances extraordinaires qui, de l'extrémité de la France, avaient amené à Thueyts cette nouvelle compagne, doivent avoir une place dans ce récit.

Vers le milieu de l'année 1800, dans la ville de Nantes, à plus de deux cents lieues du bourg de Thueyts, deux jeunes femmes, élégamment vêtues, se rendaient au spectacle, lorsqu'elles eurent la pensée d'entrer dans une chapelle où une petite fille de leur conance venait de faire, ce jour-là, sa première Communion. Au moment où nos deux mondaines pénétraient dans la chapelle, un vénérable prêtre de Saint-Sulpice, M. Dorin, ancien Supérieur du grand séminaire de Nantes, était en chaire, exhortant les enfants à renouveler les promesses de leur baptême et à se consacrer à la très sainte Vierge. Les paroles du prêtre, l'attitude émue et recueillie des enfants et de leurs parents, enfin, une de ces grâces intérieures par lesquelles Dieu manifeste souvent ses

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