‹ La vénérable Marie RivierChapitre 121 sur 279 · BÉNI PAR LE SOUVERAIN PONTIFE · texte numérisé non relu

BÉNI PAR LE SOUVERAIN PONTIFE

Le rétablissement officiel du culte catholique en France. — Le nouvel évêque de Mende, Mgr de Chabot, et le nouveau préfet de l'Ardèche, M. Robert, visitent l'établissement de Thueyts. — Épreuves et peines intérieures de la Vénérable Mère ; sa correspondance avec M. Vernet; ses souffrances physiques. — Fondations diverses ; épisode de la fondation de Vernoux. — La Mère Rivier apôtre des campagnes ; ses instructions aux mères de famille, ses retraites; traits divers. — Agrandissement de la Maison-Mère. — Projet d'union avec l'œuvre de Mlle de Sénicroze. — Fondation du Noviciat. — Difficultés soulevées contre la maison de Thueyts. — Démarches administratives. — Réponse favorable du ministre. — Supplique adressée au Pape Pie VII. — Bénédiction particulière et faveurs spirituelles accordées par le Souverain Pontife à l'Institut de la Présentation.

LE jour de Pâques de l'année 1802 fut un jour mémorable dans l'histoire de l'Église de France. Entouré de son brillant état-major et suivi des corps constitués de l'Etat, le premier consul. Napoléon Bonaparte, se rendit à Notre-Dame pour y présider au rétablissement officiel du culte catholique. Sur l'autel

naguère souille par l'idole de la Raison, le cardinal-légat célébra rifice de la Messe. Ce même jour (18 avril), le Concordat, qui avait été converti en loi de l'État dix jours auparavant (S avril , fut solennellement promulgué.

La nouvelle législation religieuse ne réalisait encore, il est vrai, ni la paix complète que l'Eglise de France pouvait espérer, ni la stricte justice qu'elle était en droit d'exiger.

En présentant au Tribun at et au Corps législatif la convention c avec le Saint-Siège, le Gouvernement français y avait ajouté, sous le titre $ articles organiques, une série de dispositions attentatoires aux droits de l'Eglise. On put croire cependant que les pouvoirs de l'État, de mieux en mieux inspirés, finiraient par se rendre aux légitimes réclamations du Pape Pie VII. L'Eglise, d'ailleurs, avait bien des sujets de rendre grâces à Dieu. Les temples, si longtemps fermés ou profanés, se rouvraient au milieu de la joie générale du peuple chrétien ; les prêtres, revenus de l'exil, se répandaient librement dans les diocèses nouvellement reconstitués ; le cri de la conscience ramenait à la religion un grand nombre de ceux que la tourmente révolutionnaire en avait éloignés. La promulgation du Concordat, même dans les conditions où elle fut faite, put donc être considérée comme un grand bien pour l'Église de France, et le Souverain Pontife n'hésita pas à faire célébrer par un jubilé national cet important événement.

Deux mois environ après la cérémonie de Notre-Dame, le Ier juillet 1802, la population du bourg de Thueyts fut témoin d'un spectacle que les adolescents contemplaient pour la première fois. Mitre en tète et crosse en main, le nouvel évèque du diocèse, Mgr de Chabot, faisait son entrée solennelle. Une troupe de gardes nationaux en grand uniforme lui faisaient escorte. L'émotion de la religieuse population fut si grande qu'à plusieurs reprises le Pontife fut attendri jusqu'aux larmes.

Le nouvel évéque descendit au couvent de la Présentation, où cinquante prêtres, accourus des environs, l'attendaient pour le saluer. « Monseigneur, disent les Annales, voulut bien nous déclarer que c'était en faveur fie la Communauté qu'il s'arrêtait à Thueyts plutôt qu'ailleurs. Sa Grandeur aurait désiré passer une journée de plus au milieu de nous, pour s'occuper de nos Règles et de la forme à donner à la Congrégation ; mais la ville d'Aubenas envoya

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