‹ La vénérable Marie RivierChapitre 13 sur 279 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Dix-sept ans après, en 1762, la Providence continuait son œuvreen unissant la famille Combe à une famille cligne d'elle, par le mariage d'Anne-Marie Combe avec Jean-Baptiste Rivier, de Montpezat.

La famille Rivier, originaire du Béage, et fixée à Montpezat depuis l'année 1733 par suite du mariage d'Antoine Rivier, aïeul de la Vénérable Mère, avec Claudine Dumas, riche héritière du pays, était une des plus notables et des plus estimées de la contrée. Au commencement du dix-huitième siècle, elle avait donné trois prêtres à l'Église. Parmi les habitants de Montpezat entendus comme témoins au Procès de canonisation de la Vénérable Mère, l'un d'eux semble résumer l'appréciation unanime de ses compatriotes sur la famille Rivier par cette phrase : « C'était la fleur des honnêtes gens. »

Jean-Baptiste Rivier, sur qui les témoins ne tarissent pas d'éloges, avait dû souvent dans sa jeunesse accompagner son père, dont le principal commerce consistait dans l'achat et le transport des vins du Languedoc dans les montagnes du Vivarais, et faire halte plus d'une fois à l'hôtellerie des Combe. Il était dans sa vingt-troisième année lorsque Pierre Combe, appréciant comme il le devait les précieuses qualités du jeune homme de Montpezat, lui accorda la main de sa fille, âgée de dix-sept ans.

Le jeune ménage s'établit à Montpezat. Il y ouvrit une hôtellerie qui, moins favorablement située que celle de La Bastide, dut être abandonnée quelque temps après. Des témoins entendus en 1842 se souvenaient que, dans ce court essai, Jean-Baptiste Rivier et sa compagne faisaient rigoureusement observer dans leur hôtellerie les lois de l'Église. « Dans la maison Rivier, disaient-ils, on ne savait pas ce que c'était que de violer l'abstinence du vendredi, du samedi, des Quatre-Temps et du Carême. »

Nous avons vu qu'à l'heure même où s'achevait l'œuvre entreprise par Pierre Combe, Dieu l'avait bénie par la naissance d'Anne-Marie. Vingt-trois ans plus tard, le 21 décembre 1768, la Providence lui ménageait une nouvelle et plus grande récompense. L'hôte de La Bastide tenait sur les fonts baptismaux de Montpezat, à titre de parrain, l'enfant que Dieu venait de donner à Jean-Baptiste Rivier et à sa pieuse épouse, et qui, née deux jours auparavant, le samedi 19 décembre 1768, reçut au baptême, comme sa mère, les noms d'Anne-Marie. C'était le jour de la fête de saint Thomas. La future

re (lu Vivarais pendant la tourmente révolutionnaire entrail

la vie de la grâce sous les auspices du saint apôtre à qui - hôteliers de la Grande-ffaltet avaient élevé, au prix de tant de travaux et de tant d'efforts, la chapelle de tide i .

i. La jeune Marie avait été piécédée dans la vie par un frère et une sœur, Louis et Cécile ; une autre sœur, Anne, devait la suivre. Les descendances de Louis et d'Anne Kivier existent encore, honorables et chrétiennes, à Montpezat, à Largentière, à Salavas, aux G rizières et à Barjac ((Jard).

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