‹ La vénérable Marie RivierChapitre 131 sur 279 · CHAPITRE XIX. 2IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. 2IT

autres toutes les fibres de l'amour- propre et qu'ils laissent par là sans entraves cet esprit de zèle qui doit être l'esprit de notre vocation. »

L'affection respectueuse de ses filles avait depuis longtemps, nous avons eu l'occasion de le constater, donné à Marie Rivier le nom de Mère. Il fut convenu que ce nom lui serait officiellement réservé et appartiendrait exclusivement désormais à la Supérieure de l'Institut.

« A cette époque, disent les Annales, les Sœurs et les novices n'avaient pas encore un costume qui les distinguât nettement des pieuses filles du monde. Leur robe était noire ; mais elles portaient des tabliers et des mouchoirs d'une couleur modeste et un bonnet plissé. » Il fut décidé qu'elles auraient désormais un voile et une croix.

Les difficultés administratives que nous avons racontées au chapitre précédent, ne permirent pas de donner une suite immédiate à ce dernier projet. Ce ne fut que deux ans plus tard que M. de Sainte-Suzanne, préfet de l'Ardèche (i), consulté à ce sujet, répondit : « Je ne vois aucun inconvénient à ce que les Sœurs de Thueyts aient une croix. Toutes les femmes portent des croix ; la grandeur de l'insigne est une affaire de goût et de mode. » Quelque temps après, au mois de février 1807, la Mère Rivier rencontra à Vais, où elle était allée ouvrir une école, deux anciennes religieuses de la Visitation de Bourg-Saint-Andéol, les dames Champanhet Elles lui montrèrent les voiles qu'elles s'étaient faits pour ellesmêmes depuis qu'elles vivaient auprès de leurs parents. Un de ces voiles lui fut remis et servit de modèle.

Le 21 novembre de la même année, dans la chapelle du Couvent, M. Vernet remit solennellement à chacune des Sœurs, revêtue de son nouveau costume, une petite croix en argent portant d'un côté l'effigie du Cœur sacré de Jésus, et de l'autre, celle du saint Cœur de Marie. En la remettant, il dit : « Recevez, ma chère fille, la croix de Xotre-Seigneur Jésus-Christ, qui vous rappellera à tous les instants combien vous a aimée ce céleste Époux. Que sa vue vous apprenne à vivre comme lui crucifiée au monde, qu'elle vous protège contre les embûches de l'ennemi, afin que, vivant dans l'observance

1. M. Bruneteau de Sainte-Suzanne avait été nommé préfet de l'Ardèche le 16 mars i8c6, en remplacement de M. Robert, nommé préfet du département de Marengo, cheflieu Alexandrie.

1 A vi M RABLE MARIE RIVIER.

. divine I vos saintes Règles, vous méritiez de régner un

jour dan- itnts, avec ce même Seigneur Jésus-Christ,

qui vit et règne dans les siècles des siècles. »

stte formule n'a plus cessé, depuis lors, d'être en usage dans l'Institut de la Présentation de Marie, au jour de la profession religieuse des nouve : urs.

Il est très probable que l'institution de retraites annuelles qui se termineraient au jour de la Pentecôte, fut encore une des questions réglées à l'assemblée du 20 mai 1804, puisque, trois ans plus tard, dans une lettre du mois de janvier 1807, adr< Mgr l'évèque

deMende, la Vénérable Supérieure parle de ces retraites de la Pentecôte comme d'un usage établi ([). Parmi les prêtres qui furent appelés à les prêcher à cette époque, nous remarquons deux prêtres de Saint-Sulpice, M. Cartal, ancien vicaire général de Mgr d'Aviau pour le diocèse de Vienne 2 , et M. Carria, qui fut plus tard curé de la cathédrale du Puy. Des lettres et àe^ documents contemporains attestent le bien que produisit leur parole pieuse et apostolique.

as avons transcrit avec bonheur, quelques lignes plus haut, le témoignage rendu par Marie Rivier à l'illustre Compagnie de J Qu'il nous soit permis de recueillir ici, comme un honneur, celui que son cœur reconnaissant a bien voulu rendre à ceux des prêtres de Saint-Sulpice qui travaillèrent à côté d'elle. « Je suis ravie, disait-elle, quand je considère ces hommes de Dieu, et leur vie commune à l'extérieur, tandis qu'au dedans la vie intérieure déracine en eux le vieil Adam pour ne laisser vivre que l'homme nouveau... Je tâche fréquemment de réciter dignement leur magnifique prière : < O Jésus, vivant en Marie, venez et vivez en l'âme de vos serviteurs... », mais je puis rarement l'achever, tant elle me fournit de nombreux et affectueux sentiments ; elle m'inonde, elle in étouffe de consolations ! »

; peut dire que l'esprit de la Compagnie de Jésus et l'esprit de

Société de Saint-Sulpice répondaient à la fois à deux tendances également accentuées de sa nature et de sa surnaturelle vocation : un zèle ardent de charité apostolique, dont l'expression

telle parfois les plus beaux élans d'un saint François Xavier et

1. En 18 YJ, la retraite eut lieu pendant les huit jours qui précédèrent la fête de la Nativité de la Sainte-Vierge, au mois de septembre. Cette époque plus favorable fut désormais préférée.

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