‹ La vénérable Marie RivierChapitre 133 sur 279 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

petits entants des villages, à enseigner le catéchisme aux pauvres gens de la campagne. Rien de plus précis et de plus concret que ses sentiments à ce sujet. — « 0 heureux jour ! s'écriait-elle, ô heureux jour, devez-vous dire, qui m'a vue entrer dans cette maison ! ô plus heureux jour qui me verra faire ma consécration ! ô heureuse carriole qui me mènera dans ma paroisse, au milieu de mes enfants ! oh ! ce jour-là, quand vous entrerez dans votre paroisse, il faudra que vous soyez si ferventes de zèle, que les démons tremblent ! »

Quand il arrivait, ce jour béni, la novice était en effet tout ardente de zèle ; mais le cœur de la bonne Mère se déchirait.

Ma pensée les suit toujours, disait-elle, ces chères Sœurs et novices que j'envoie en paroisse, parce que, plus exposées désormais aux périls, elles ont droit de ma part à une plus grande sollicitude. » — « Il n'est pas de soins, d'attentions, disent les Annales, qu'elle n'eût pour elles à leur départ. C'étaient des conseils, des recommandations maternelles sans fin. » Et lorsqu'elles étaient parties, elle leur renouvelait encore, par ses lettres, ces témoignages d'affection maternelle.

« Quelque pénible qu'ait été votre sacrifice, ma chère fille, écrivait-elle à une de ses Sœurs qu'elle venait d'installer dans une paroisse, le mien l'a surpassé, j'en suis sûre.... Je partis le cœur bien gros, et, pendant tout le voyage, j'avais peine à détacher ma pensée de vous. Vous m'êtes toujours bien chère, et ce n'est que pour l'amour de Dieu que je me sépare de vous. »

Dans plusieurs autres lettres, se trouvent des expressions semblables, où l'on serait tenté de voir des excès de tendresse, si l'on ne savait, d'autre part, que le cœur qui les dictait savait se montrer d'une fermeté inébranlable toutes les fois que l'obéissance à la Règle, l'honneur de la Communauté ou le respect des vertus chrétiennes se trouvaient intéressés.

Partout, les recommandations de la bonne Mère portaient leurs fruits ; autour des Sœurs de la Présentation l'instruction chrétienne se répandait ; de vraies transformations s'opéraient, grâce à elles, dans des paroisses que la Révolution avait trop longtemps privées de tout secours religieux, et il était impossible de répondre aux demandes d'écoles qui affluaient de toutes parts. Du Ier janvier 1805 au Ier janvier 1808, vingt-trois maisons nouvelles purent cependant s'ouvrir. La Blachère, Saint-Thomé, Antraigues, Joyeuse, Mirabel, en 1805 ; La Ville-Dieu, Vogué, Saint-Sernin, Saint-Maurice-d'Ibie,

LA V EN ÉRABLE MARIE Kl\ 1ER.

Laurac, Viviers, La Chapelle-sous-Aubenas, Aps, La Bastide d'An-

Saint-Jean-le-Centenier, Vais, Mauves, urany, Ailhon, Baix, le Teil, Largentière, en 1807, reçurent des Sœurs de la Présentation.

'.l'étaient pas seulement des cures qui faisaient appel au zèle de la Mère Rivier pour -.lion de leurs paroisses, c'étaient

encore des Supérieures de Communautés religieuses qui lui demandaient des conseils et une formation pour leurs sujets.

Au mois d'avril 1806, disent les Anna/es, la Supérieure des rs de Saint-Joseph, de Saint-Félicien, vint à Thueyts et y séjourna plusieurs semaines. Notre Mère avait déjà reçu deux de les, qu'elle formait, l'une aux fonctions d'institutrice, l'autre au soin des malades. Au mois d'août de la même année, la même Supérieure nous envoya encore deux de ses religieuses. Ces bonnes Sœurs suivaient les exercices du Noviciat, se regardant en tout comme de vraies novices. Elles nous édifièrent beaucoup, pendant les quelques mois qu'elles passèrent au Couvent, par leur régularité et leur piété. ••

Les bonnes relations entre les deux Instituts ne devaient pas s'arrêter là. Plusieurs fois, en se rendant à La Louvesc, la Vénérable Mère fut priée de s'arrêter à Saint-Félicien pour y donner des instructions aux Sœurs de Saint-Joseph ; elle y présida même, en 1807, les exercices d'une retraite qui porta les fruits les plus abondants.

Plus intimes et plus suivies furent ses relations avec les filles de M1,e de Sénicroze.

Lorsque, en 1806, la Réformatrice des Demoiselles de l'Instruction résolut de fonder un Noviciat au Puy, elle demanda à Marie Rivier une de ses religieuses pour y remplir les fonctions de maîtresse des novices. Sœur Agnès, dont les éminentes vertus avaient été appréciées au Puy pendant un séjour de plusieurs mois, qu'elle y avait fait en 1803 et 1804, et qui venait de faire preuve, comme directrice de l'école de Vernoux (1), de sérieuses qualités de prudence et de zèle, fut choisie pour cette délicate et importante ion. Elle la remplit jusqu'au mois d'octobre 1808. Le 1 1 novembre 1807, Mllc de Sénicroze écrivait d'elle : € Sœur Agnès se soutient de son mieux, ses peines vont leur train ; Dieu, sans doute, veut faire par elle quelque chose fie grand. .»

avait été nommée directrice de l'école de Vernoux en avril 1804.

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