‹ La vénérable Marie RivierChapitre 134 sur 279 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Mlu' de Sénicroze ne se trompait pas. La veille de ce jour, 10 novembre, en la fête de saint Georges, patron du Velay, deux no\ formées par sœur Agnès, avaient été solennellement agrégées à l'Institut <le l'Instruction : l'une d'elles était Marie- Angélique Chabaane, l'antre Jeanne-Marie Antier. Angélique Chabanne et Marie Antier étaient destinées à transmettre, comme Supérieures générales, à des générations nouvelles, l'esprit de Marie de Sénicroze et de Marie Martel (i).

Tandis que la Mère Rivier se réjouissait des succès par lesquels Dieu couronnait le zèle et les souffrances de sœur Agnès, la Providence qui la destinait elle-même à des œuvres plus grandes, l'éprouvait dans son corps et dans son âme par des peines croissantes.

Certes, Marie Rivier ne rétracta jamais les paroles qu'elle avait écrites, en 1799, cà M. Pontanier : « S'il plaisait à Dieu de m'affliger par des maladies.... jusqu'à la fin du monde, je me suis offerte pour la conservation de cet Institut. » Mais ces infirmités ne pouvaientelles pas devenir un obstacle à l'exercice de son zèle? C'est dans cette pensée qu'au mois de mai 1806, dans une retraite qu'elle fit auprès du sanctuaire de N.-D. de Bon-Secours, à La Blachère, elle avait demandé à la Sainte-Vierge la guérison ou tout au moins l'adoucissement de ses infirmités corporelles <;< en tant qu'elles pourraient l'empêcher de travailler à l'œuvre dont Dieu l'avait chargée (2). » Les souffrances, loin de diminuer à la suite de cette retraite, allèrent en empirant. Une neuvaine qu'elle fit dans les mêmes intentions, au mois de juin 1807, auprès du tombeau de saint François Régis, n'eut pas d'autre résultat. Convaincue alors que la volonté de Dieu était de la laisser souffrir dans son corps pour bénir plus abondamment les fruits de ses œuvres, elle se remit au travail avec une nouvelle confiance et une nouvelle ardeur.

Le premier fruit de ces sentiments fut l'organisation d'une retraite générale, qui fut donnée au couvent de Thueyts en cette même année 1807. « Les instructions que notre bonne Mère nous donna, dit une Sœur, semblaient tout embrasées de cette flamme de zèle qu'elle nous rapportait de son séjour à La Louvesc. »

Aux pieds de Notre-Dame de La Blachère et du saint apôtre du Velay, la Servante de Dieu n'avait pas seulement porté le poids de

1. M"e Angélique Chabanne fut Supérieure générale de 1822 à 1834. M'e Marie Antier lui succéda, de 1S34 à 1 S 5 5 .

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