‹ La vénérable Marie RivierChapitre 135 sur 279 · Lettre de M. Vernet du 2 mai 1S · texte numérisé non relu

Lettre de M. Vernet du 2 mai 1S

ses souffrances physiques, mais aussi celui, bien plus lourd, de ses souffrances morales, poids d'autant plus pénible à cette heure que, depuis l'anne . le directeur de son âme, le Supérieur de sa

Congrégation, n'était plus habituellement comme autrefois auprès d'elle, prêt à la soutenir et à l'aider de ses conseils (i).

M. Vernet, en effet, se trouvait en ce moment absorbé par une œuvre nouvelle, entreprise à la suite d'événements que nous devons brièvement raconter.

Au commencement de l'année 1805, Mgr de Chabot, dans le but de mettre fin à des conflits pénibles et préjudiciables aux intérêts de son diocèse, avait cru devoir donner sa démission d'évèque de Mende et de Viviers. Nommé chanoine-évéque du Chapitre de Saint-Denis, il avait été remplacé sur son siège par Mgr de Mons. Le nouveau prélat, sacré à Paris le 21 avril 1805, n'était pas un inconnu dans le diocèse de Viviers, où il avait rempli les fonctions de membre de la commission ecclésiastique sous M. de Savine. Emigré au début de la Révolution, puis rentré en France à la faveur du calme de 1795, il avait eu, à cette époque, à l'occasion de certaines divergences de vue sur ia conduite à tenir, des rapports difficiles avec M. Vernet. Le grand vicaire de Mgr de Chabot pensa que le souvenir de ces divergences et les liens qui l'avaient uni à la précédente administration lui commandaient de suivre l'ancien évéque de Mende dans sa retraite. Aussi sa première démarche futelle d'envoyer sa démission de vicaire général au nouvel évéque.

Mais le prêtre prudent et courageux qui, sous les trois épiscopats précédents, avait été, on peut le dire, au milieu des conjonctures les plus difficiles, l'âme du diocèse de Viviers, restait l'homme nécessaire. Mgr de Mons le comprit et, non content de refuser la démission dont M. Vernet lui renouvela l'offre à plusieurs reprises.il voulut le prendre pour compagnon de sa première tournée pastorale.

Mais, ainsi que M. Vernet l'avait pressenti, de nouvelles divergences, d'ordre secondaire sans doute, mais regrettables et pénibles à supporter de part et d'autre, ne tardèrent pas à se produire entre le nouvel évéque et son grand vicaire.

rame tous les bons prêtres de son pays, M. Vernet ne pouvait voir sans tristesse l'aspect lamentable qu'offrait alors le vaste édifice qui avait été autrefois le grand séminaire de Viviers. « Transformé

1. M. Vernet avait, depuis plusieurs années, établi sa résidence habituelle à Thueyts, dans une modeste cellule du collège ecclésiastique qui y avait été fondé.

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