CHAPITRE XIX
tour à tour en caserne, dit Mgr Dabert (1), puis de caserne en prison d'État, il était enfin devenu un édifice banal où chacun allait puiser comme à une carrière les matériaux dont il avait besoin. » Sa toiture, dans le plus triste état de délabrement, menaçait d'une ruine prochaine. M. O'Farrel, ingénieur en chef du département, avait estimé à 14.000 francs les dépenses nécessaires pour effectuer les réparations les plus urgentes.
L'ancien grand séminaire de Viviers, après des vicissitudes diverses, était devenu, en 1S05, la propriété de la Caisse nationale d'amortissement.
Se rendre acquéreur de l'édifice avant que sa ruine fût irréparable, dans l'espoir de le restituer au plus tôt à sa destination primitive, tel était le projet de M. Vemet. Ce projet rencontra dans Mgr de Mons, qui désirait établir un seul grand séminaire à Mende, sinon une opposition formelle, du moins une résistance passive. A aucun prix 1 evêque de Mende ne voulut que son autorité parût couvrir l'entreprise de son grand vicaire.
Le concours de l'autorité civile locale, sollicité par M. Vernet, n'avait guère été plus efficace. Le conseil général de l'Ardèche, saisi d'une demande motivée de secours, avait voté des encouragements et une allocation de 1.500 francs.
Ne comptant guère que sur l'aide de Dieu, sur son modeste patrimoine, sur son courage et sur l'appui de quelques ecclésiastiques zélés, M. Vernet engagea les premières négociations en son nom personnel.
Grâce à l'intervention de M. Emery, Supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice, lequel, dans toute cette affaire, seconda M. Vernet de tout son pouvoir, celui-ci obtint de la Caisse d'amortissement, propriétaire de l'immeuble, un acte de bail au prix annuel de 436 francs. C'était une première prise de possession. A la fin du mois d'août 1806, muni de l'autorisation de son évêque, il assemble au grand séminaire un certain nombre de prêtres de la région et leur prêche une retraite. La vue des lieux où s'est écoulée leur jeunesse cléricale ranime le zèle de ces pieux ecclésiastiques, qui, au sortir des saints exercices, offrent généreusement au grand vicaire les aumônes qu'ils prélèvent sur leurs modestes revenus.
Bien des obstacles se rencontrèrent jusqu'à la fin de l'année 1806,