‹ La vénérable Marie RivierChapitre 137 sur 279 · LA MARIE KI\ 1ER · texte numérisé non relu

LA MARIE KI\ 1ER

où. par la voie des enchères publiques, la propriété fut adjugée à M. Yernet au prix de 22,500 francs. Il avait eu à soutenir une longue lutte contre deux compagnies financières dont le but avoué était de démolir le séminaire pour en vendre les matériaux.

sauvant le séminaire tic la ruine, le zélé grand vicaire, et les res dévoués de l'Ardèche qui l'avaient soutenu dans son entreprise, avaient par là même travaillé à préparer pour l'avenir la recon- .nce de l'autonomie du diocèse de Viviers.

En ce moment. M. Emerv cherchait à réunir les membres disperle sa Compagnie : l'insuffisance du personnel dont il pouvait disposer ne lui permit pas de donner à M. Vernet des auxiliaires appartenant à la Société de Saint-Sulpice. Celui-ci, secondé de trois directeurs pris dans le clergé du diocèse, ouvrit, le vS janvier 1807, le grand séminaire, où se réunirent dix-sept élèves. Mgr de Mons, après avoir tenté un dernier effort pour dissuader son grand vicaire de son entreprise en lui offrant la supériorité du grand séminaire de Mende, se décida à le nommer Supérieur du grand séminaire de Viviers, i ne pouvant s'empêcher, suivant ses propres expressions, de louer son zèle en cette circonstance. »

La Mère Rivier avait l'âme trop haute pour ne pas comprendre l'importance capitale de l'œuvre à laquelle se dévouait M. Vernet ; elle avait le sens religieux trop droit et trop désintéressé pour être tentée de s'y opposer de quelque manière que ce fût ; mais l'éloignement du Supérieur de sa Congrégation, du directeur de son âme, fut pour elle une dure épreuve. « Depuis l'origine de son Institut, disent [finales, elle n'avait rien fait de tant soit peu important, sans prendre l'avis de M. Vernet ; il était son conseiller, son soutien dans toutes les difficultés de ses œuvres comme dans toutes les peines de son âme. >

L'heure à laquelle son paternel conseiller lui était ainsi enlevé,

était précisément une de ces heures où se réveillaient en son âme ces

crises de souffrances intérieures par lesquelles Dieu, à mesure qu'il

/ l le développement de ses œuvres au dehors, épurait en elle

it, déjà si surnaturel, qui en était la source.

Sœur Sophie nous a laissé de cette crise la description suivante : e Un sentiment profond de son impuissance, de son incapacité, une invincible conviction qu'elle était au-dessous de sa mission, faisaient son tourment le jour et la nuit. Tous les petits désordres, tous les manquements à la Règle, elle s'en attribuait la responsabilité ; et

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