‹ La vénérable Marie RivierChapitre 145 sur 279 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Ce qu'elle prêchait partout et à tous, et avec la même force, c'étaient les grandes vérités fondamentales delà Religion.

« La Mère Rivier, dit une de ses anciennes élèves de Thueyts (1 , venait de temps en temps nous taire des instructions au pensionnat. La nécessité du salut, l'horreur du péché, la fuite de l'esprit du monde, les fins dernières de l'homme étaient les sujets ordinaires fie ses discours. Quand elle nous parlait de l'enfer, elle était terrible ; elle palissait, et le ton de sa voix révélait une émotion qui se communiquait à tout son auditoire.

« Elle nous demandait souvent de prier pour la conversion des pécheurs. Quand elle nous parlait de ceux qui n'ont pas le bonheur de vivre dans la religion catholique, sa voix prenait un accent de compassion qui nous impressionnait vivement ; et, toute jeune que j'étais, je ne pouvais ne pas compatir moi-même, en l'écoutant, au malheur de ces pauvres âmes. »

La sainte Supérieure avait, sur ses jeunes élèves, un moyen d'action plus puissant encore que ses paroles, c'était l'ascendant même de sa sainteté.

« Nous étions convaincues, dit le même témoin, que la Mère Rivier était une sainte, et, en particulier, que la Sainte-Vierge lui accordait tout ce qu'elle demandait. Nous savions qu'elle était quelquefois souffrante ; nous disions : Elle fait pénitence pour les péchés des autres.

« Elle était sévère, il est vrai : quand nous étions en faute, nous tremblions de paraître devant elle ; il nous semblait qu'elle lisait, en nous regardant, au fond de notre âme.

« Et pourtant nous l'aimions de tout notre cœur, parce que nous savions qu'elle nous chérissait comme ses enfants. Que de fois elle prévenait nos désirs, en nous procurant de petites réjouissances ! Je puis certifier que le plus beau temps de ma vie est celui qui s'est passé au couvent de Thueyts, sous la direction de cette sainte Mère. »

Les travaux des fondations, la visite des établissements de plus en plus nombreux de la Congrégation, éloignaient fréquemment la Vénérable Supérieure de sa chère Communauté de Thueyts, à la plus grande douleur de ses filles.

Du Ier janvier 1808 au 31 décembre 1810, douze écoles nouvelles

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