‹ La vénérable Marie RivierChapitre 147 sur 279 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

d'obstacle ; elle s'arrêtait et faisait entendre aux femmes et aux filles de ces paroisses les grandes vérités de la Religion.

C'étaient toujours les mêmes fruits d'édification. On voyait, au rapport de plusieurs témoins, des femmes sortir des entretiens delà Yen. -raUle Mère pleines de componction et s 'écriant : « ATiséricorde ! mon Dieu, miséricorde ! »

A Tence, le respectable curé, M. de Rochas, qui avait une grande estime pour la Mère Rivier, la retint pendant trois jours dans sa paroisse et lui demanda de donner des instructions familières aux jeunes tilles, en forme de retraite. Quand le moment fut venu, pour la Vénérable Mère, de se remettre en route, les jeunes personnes du pays lui firent cortège pendant plusieurs lieues, jusqu'à Yssengeaux. « La bonne Mère et sa compagne étaient à cheval, dit un témoin (1), et les jeunes filles suivaient à pied, chantant des cantiques, récitant des prières, demandant quelques derniers avis à la Servante de Dieu. >> Une des jeunes filles du cortège, touchée ce jour-là par la grâce de la vocation, devint plus tard sœur Joseph.

Nulle part la vénération qui accompagnait partout la sainte Fondatrice ne se manifesta d'une manière plus éclatante qu'à La Voulte. C'était au mois d'avril 1809. « Notre Mère, disent les Annales, avait entrepris une nouvelle visite des écoles. Partout elle était reçue avec enthousiasme. Une des Sœurs de La Voulte, la sachant au Pouzin , se hâta de venir l'y prendre pour la conduire à La Voulte. Le bruit se répandit bientôt dans la ville que la Mère Rivier allait arriver. Xos élèves firent aussitôt toilette pour aller à sa rencontre ; mais ce qu'il y eut d'étrange, ce fut de voir la ville tout entière s'ébranler pour honorer la venue de notre Mère. Les filles et les femmes du peuple, les dames et les demoiselles allèrent loin, sur le chemin, l'attendre. Les jeunes gens, endimanchés, et plusieurs à cheval, marchèrent tambour en tète, jusqu'au Martinet, où ils rencontrèrent notre Mère. Elle fut dans une confusion inexprimable, qui se renouvela chaque fois qu'un groupe nouveau de jeunes filles, de dames, d'enfants l'accueillit sur la route jusqu'aux portes de la ville. — « Mais, ma fille, disait-elle à sœur Basile, celle qui était venue la chercher au Pouzin, comment avez-vous pu permettre chose semblable ?» — « Ils ne m'ont pas demandé la permission », répondit sœur Basile avec une aimable franchise. Il fallut

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