‹ La vénérable Marie RivierChapitre 148 sur 279 · I. Sœur Joseph · texte numérisé non relu

I. Sœur Joseph

LA \i NÉRABLE MARIE RIVIER.

que notre Mère prit patience et fit son entrée à La Voulte au son du tambour et environnée de cette foule, toute joyeuse de la voir. M. le cure, entendant ce bruit, crut que Monseigneur arrivait et s'empressa •rtir du presbytère. Il fut charmé de ce spectacle ; « mais, nous disait-il, je ne pus m'empêcher de rire en voyant l'embarras de la pauvre Mère Rivier. »

l ne fois de plus, l'humilité de la Servante de Dieu s'alarma. Mlle ne se crut plus le droit de parler de sa démission à ses filles ou au directeur de sa conscience ; mais le jour de la Nativité de la Sainte- Vierge elle adressa à Celle qu'elle appelait sa bonne et tendre Mère du Ciel, un suprême recours.

Voici cette prière d'après le manuscrit autographe conservé à la Maison-Mère de la Présentation de Marie.

« Très sainte Vierge, ma bonne et tendre Mère, Fondatrice de cette maison de la Présentation, daignez écouter et exaucer le vœu de votre indigne et plus petite servante, qui vous supplie humblement d'accepter sa démission de la place qu'elle occupe, si telle est la volonté de votre divin Fils et la vôtre ; et de choisir à vos pauvres filles une Supérieure selon votre Cœur, remplie de vertu, afin qu'elle puisse conduire votre Communauté d'une manière digne de vous et qu'elle répare tout le mal que j'ai fait, surtout par mes mauvais exemples. Je reconnais, 6 ma bonne Mère, combien je suis indigne et incapable d'exercer une aussi haute fonction. Je demande très humblement pardon à votre divin Fils et à vous de m être si mal acquittée du saint emploi que vous m'avez fait la grâce de me confier. Si, malgré toutes mes misères, vous voulez que je continue, daignez, je vous en prie, me continuer aussi votre protection et m'obtenir les lumières et les vertus qui me sont nécessaires, surtout la vraie humilité, le vrai mépris de moi-même et le détachement de toutes choses, afin que je sois toute à votre divin Fils et à vous. Vous savez, Vierge sainte, combien je crains depuis longtemps de me damner dans cet emploi à cause de mon orgueil : préservez-moi de ce malheur, ma tendre Mère, et donnez-moi l'humilité et la dernière place parmi vos filles. Ajoutez-y la grâce d'accepter la donation entière et irrévocable de tout moi-même et de toute la Communauté : je mets à vos pieds et entre vos mains votre Maison, avec toutes vos chères filles, tous vos établissements faits et. à faire. Gouvernez et régie/, tout ; car, pour moi, j'en suis incapable autant qu'indigne. »

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