CHAPITRE XX
Le 12 février 1S12, Mgr de Mon-; confia à M. Pontanier, à titre de cure, la paroisse de Meysse. M. Vernet alla d'abord seconder son confrère à Meysse pendant les travaux du carême, puis revint à Thuevts occuper sa modeste chambre dans le local abandonné de l'ancien collège, où il employa à la rédaction des Règles de l'Institut les loisirs forcés que lui faisaitfla persécution.
Quant à la Vénérable Servante de Dieu, parmi tant de causes de troubles et de peines, qui affectaient si vivement sa sensibilité, la fermeté et l'intrépidité persistante de son courage se manifestaient par les lignes suivantes qu'elle adressait à la maîtresse des novices de Thueyts :
« Voilà la bourrasque passée, ma chère fille ; vous prendrez plus de forces avant qu'il en vienne une autre. Il faut bien nous)- attendre, et peut-être à de plus fortes. Bénissez le Seigneur dans tous les états où il lui plaît de vous mettre ; abandonnez-vous à lui comme un petit enfant et rappelez- vous qu'une épouse de Jésus-Christ doit être crucifiée. Heureuses, ma chère fille, si nous pouvions être des victimes de la croix, nous immoler tous les jours pour l'expiation de nos péchés et pour ceux de tout le monde ! Je désire de toute mon àme que vous aimiez la croix, au point que votre croix la plus grande soit de ne pas assez souffrir. Vous ne sauriez croire combien tous ces déchirements intérieurs sont agréables à Dieu quand on les souffre pour son amour. »