Mémoires de sœur Sophie
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mmunauté et sa générosité. Mais nous trouvons
son nom dans la lettre même de M. Pontanier, annonçant son arrià la Vénérabl et rien ne s'oppose à ce qu'il soit révélé
aujourd'hui; elle s'appelait Madame de Vidaud (i).
M. i llier, curé de Bruc, commune de Thueyts, faisait parvenir de son c . Supérieure de la Présentation plusieurs dons de moin-
dre importance, mais dont le total s'élevait à plus d'un millier de francs.
doit-on pas voir une allusion à des libéralités de ce genre dans ie passage suivant d'une lettre écrite de Viviers, par M. Vernet, à la date du 7 octobre I Si I ? € Je ne me dédis pas pour les mille cens. Quant aux 2.000 francs que je vous ai prêtés, soyez tranquille, servez-vous-en librement. » Sœur Sophie nous apprend que la plupart des libéralités de M. Vernet furent faites sous forme de prêts dont il ne réclama jamais la restitution.
Ces générosités, et bien d'autres sans doute, dont la correspondance et les Annales de la Congrégation n'ont pas conservé le souvenir, permirent à la charitable Supérieure de donner libre cours aux instincts les plus doux de son cœur. « La sainte charité ! s'écriait-elle, je la sens comme quelque chose de doux dans ma poitrine (2). »
« Tous les jours, disent les Annales, notre Mère faisait distribuer une grande marmite de soupe aux pauvres ; ils venaient la prendre eux-mêmes au parloir, et, après cette distribution, on leur faisait pendant une heure le catéchisme, suivi de la prière.
<( Il y eut beaucoup de malades dans le bourg et dans les villages voisins. Xotre Mère veilla a ce qu'ils fussent assidûment visités et pourvus de bouillon, de viande et de linge. Elle voulut que dans toutes nos maisons on se montrât également large, et, lorsqu'elle se fut éloignée de Thueyts pour la visite des écoles, les lettres qu'elle
1. M"" de Vidaud avait épousé le comte Gabriel de Vidaud, fils de Gabriel de Vidaud de la Tour, comte de la Iiathie, qui fut une des plus illustres victimes de la cornu populaire d'Orange en 1794, et de Marie-Josépbine- Louise de Cambis, marquise de V'elleron, is^ue de la famille des Pazzi de Florence. Le comte Gabriel de Vidaud est mort en odeur de sainteté le S mars 1834, après avoir édifié la ville d'Avignon, sa résidence habituelle, par les plus éminentes vertus. Sa vie a été écrite par le R. V. Pouget, S. J., sou? ce titre : Modelé des chrétiens dans le moivle, et par M. le Ghanoine Jules Bonnel, d'Avignon, sous ce ti'.re : Un saint pénitent gris d'Avignon. — Avignon, Aubanel