‹ La vénérable Marie RivierChapitre 160 sur 279 · Thiers, loc. cit, liv. XXII · texte numérisé non relu

Thiers, loc. cit, liv. XXII

Marie Rivier. 17

LA \ ÉNÉRABLE MARIE RIVIER.

rencontres. Entre Langogne et Mende, dans un endroit appelé L'Habitarelle, on fut obligé de demander abri dans une méchante auberge. A grand'peine, nos Sœurs purent obtenir une chambre avec un peu de paille pour elles et un lit pour notre Mère, qui était très née du voyage. Mais voici qu'un peu plus tard arriva, à la suite d'un conscrit que deux gendarmes menaient, une pauvre femme tout en larmes et abattue : c'était la mère du jeune homme. Ce spectacle navra le coeur de notre Mère ; elle consola la pauvre femme, prit soin d'elle et de son fils et exigea qu'elle se reposât cette nuit dans le lit que les Soeurs avaient retenu. Quant à notre Mère, malgré sa fatigue, elle coucha, comme nos Sœurs, sur la paille de la grange. »

L'école de Saint-Chély, fondée au milieu de pareilles épreuves, prit bientôt, sous l'intelligente direction de soeur Xavier, de tels accroissements qu'il fut question, dès 1814, d'y transporter la Maison- Mère.

Malgré le malheur des temps, quatre autres maisons nouvelles avaient déjà été fondées pendant les années 181 2 et 181 3 ; c'étaient celles de Jaujac, de Chomérac, de Fabras et de Saint-Etienne-de- Lugdarès,

La famine n'avait pas permis de réunir les Sœurs pendant l'année 18 12, pour les exercices de la retraite annuelle, et la retraite de l'année 181 3 elle-même avait dû être retardée jusqu'au mois d'octobre. La Vénérable Mère voulut qu'elle fût marquée par un renouvellement exceptionnel dans la ferveur et dans l'esprit religieux. Elle demanda, à cet effet, à M. Vernet d'écrire aux Sœurs une circulaire pressante, et le vénéré Supérieur de la Présentation se réserva de prêcher lui-même la retraite.

Le résultat répondit aux désirs de la Vénérable Mère. « La retraite de 181 3, dit sœur Sophie, fut la plus édifiante qu'on eût encore vue dans la maison. » Depuis quelque temps, dès le 25 septembre de la même année, la zélée Supérieure avait institué la pieuse pratique des victimes ; une Sœur et plus tard trois Sœurs, désignées chaque jour, s'offraient en qualité de victimes, pour apaiser la colère de Dieu. Elles devaient, à ce titre, jeûner, faire une heure d'oraison sur la Passion de Xotre-Seigneur, pratiquer neuf actes de mortification, réciter une fois le psaume Miserere et cinq fois l'oraison dominicale; mais la veille de la clôture de la retraite, toutes les Sœurs à la fois voulurent remplir le rôle de victimes; ainsi fut inaugurée

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