‹ La vénérable Marie RivierChapitre 162 sur 279 · LA RESTAURATION DES BOURBONS ET LES CENT-JOURS · texte numérisé non relu

LA RESTAURATION DES BOURBONS ET LES CENT-JOURS

Prières de la Communauté pour l'Eglise et pour la France.

— Délivrance du Souverain Pontife et chute de Napoléon.

— Sentiment de la Vénérable Mère à la nouvelle de la Restauration des Bourbons. — Nouvelles anxiétés ; les troupes du maréchal Augereau de passage à Thueyts ; mesures de prudence prises par la Vénérable Supérieure ; sa charité envers les soldats malades ou blessés. — M. Vernet se rend à Paris pour l'élection du Supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice. — Services qu'il rend à la Communauté ; l'œuvre des sourdes-muettes.

— Trait de charité de sœur Marie. — Fondation de l'hôpital et du pensionnat de Privas. — Pressentiments de sœur Chantai et de la Vénérable Mère. — Autres fondations. — La Vénérable Mère à Avignon ; elle y donne un exemple remarquable de sa dévotion au très saint Sacrement. — Elle est arrêtée dans le Gard par les troubles qui se produisent à la suite du retour de Napoléon de l'île d'Elbe. — Panique à Privas. — Maladie de la Vénérable Mère. — M. Vernet à Thueyts. — La Vénérable Mère à Saint-Laurent-les-Bains. — Sa guérison. — Lettre de M. Vernet.

LE 3 décembre 1 813, la Vénérable Fondatrice de la Présentation, dans une prière adressée à saint François Xavier, dont l'Église célébrait la fête en ce jour, s'exprimait ainsi : <( Bon saint Xavier, je vous dirai avec consolation que jamais je n'ai vu, dans la maison, tant d'ardeur pour s'avancer dans les vertus que j'en vois en ce

LA V ÊNÉRABLE MARIE RIVIER.

moment, surtout pour s'humilier et se mortifier. Dieu en soit béni ■ Le iour même où la Mère Rivier écrivait cette prière au grand apôtre des Indes, les religieuses de la Présentation de Marie, encore tout embrasées des flammes de zèle que leur sainte Fondatrice et leur vénéré Supérieur avaient excitées en elles pendant la retraite du mois d'octobre, avaient commencé une nouvelle quarantaine de prières aux intentions de l'Église et de la France.

i) Jésus, disait l'oraison composée pour la circonstance par M. Vernet, vous qui êtes mort pour sauver le monde, ne souffrez pas plus longtemps le deuil et l'avilissement de la sainte Église, votre Épouse ; abaissez sur elle un regard favorable ; faites luire la lumière de l'assistance que vous lui avez promise pour tous les siècles ; ramenez dans son sein tous ceux qui s'en sont séparés par le schisme ou par l'apostasie ; détruisez les systèmes pervers de ceux qui vous haïssent et donnez la victoire à ceux qui vous aiment et vous servent. »

Comme au temps de la captivité de saint Pierre, l'Église entière demandait alors à Dieu la délivrance de son Chef (i); mais les prières des humbles Sœurs de Thueyts pesèrent sans doute beaucoup dans la balance divine : neuf jours après la clôture de leur pieuse quarantaine, le 23 janvier 1814, le Souverain Pontife reprit, à travers la France, le chemin de ses Etats recouvrés.

Après avoir recueilli partout, sur son passage, les témoignages du respect et de l'affection du peuple français, Pie VII aborda le 12 mai à Ancône et, le 14 mai, au milieu des acclamations d'une foule enthousiaste, il gravit en triomphe les degrés de la basilique de Saint-Pierre.

Par un juste châtiment de la Providence, la puissance de son ancien persécuteur s'écroulait en même temps. Le 11 avril 1 S 14, que le Saint-Père n'avait pas encore quitté le sol de la FYance, Napoléon Ier avait signé son abdication dans ce même palais de Fontainebleau dont il avait voulu faire une prison pour le Vicaire de Jésus-Christ L'orgueilleux conquérant qui, non content d'avoir vaincu l'Europe, avait voulu s'assujettir le Pontife de l'Église universelle, s'était déclaré satisfait de la souveraineté de la petite île d'Elbe,

1. Act. fies Apôtres, ch. 12, v. 5. « Oratio aiiUm fichât sine iutermissione al> Eccleiia pro eo. b

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