Acta Sanctorum. Edit. Falmé, t. XIV, p
l'empereur Septime-Sévère remontait le Rhône pour se rendre en
eterre Dans une halte qu'il fit sur la rive gauche du fleuve, en face du m unîcipe romain de Bergoïata, il aperçut une foule assemblée autour d'un homme qui la haranguait. Cet homme était Andéol, sous-diacre de l'église de Smyrne. Son évêque, saint Polycarpe, l'avait envoyé dans les Gaules (i), à la demande de 1 evèque de Lyon, saint I renée, pour y prêcher l'Évangile. L'empereur, qui avait porté, cinq ans auparavant, un édit de persécution contre les chrétiens, fit saisir Andéol et le condamna à avoir la tête tranchée. Le supplice de l'apôtre une fois consommé, son corps, jeté dans le Rhône, vint s'échouer sur la rive droite du fleuve (2), où une pieuse et noble femme, du nom de Tullie, le recueillit et l'ensevelit dans son domaine.
Le pays prit le nom du martyr qui l'avait arrosé de son sang : le municipe de Bergoïata devint la ville de Bourg-Saint-Andéol.
L'aspect général de la ville, au commencement de ce siècle, ne différait pas sensiblement de celui qu'elle offre aujourd'hui. Le groupe pittoresque de ses constructions modernes, de ses vieux hôtels seigneuriaux enchâssés dans des ruelles, et de ses antiques monuments (3), s'élève sur la rive droite du Rhône, à l'endroit où la vallée fluviale, s'élargissant en plaine, présente un des spectacles les plus justement admirés. De l'autre côté du fleuve se dresse l'énorme bloc de Pierrelatte, « émergeant comme un îlot, dit un géographe, à l'entrée de cette vaste mer d'alluvions, qui fut jadis un golfe entre les Cévennes et les avant-monts des Alpes » (4). En amont et en aval, des îles couvertes de saules, des berges ombragées de grands arbres
1. Saint Polycarpe avait été le disciple de saint Jean. Le Vivarais recevait donc par un seul intermédiaire la doctrine évangélique, telle que l'avait enseignée l'apôtre qui avait reposé sur la poitrine du Sauveur. (Y. VAposloliciti de V Église de Viviers, pai M. l'abbé Constant, docteur en théologie, Nice, 1896.)
2. Le municipe >ta s'étendait sur les deux rives du fleuve. • — Avant la prédication de saint Andéol, la religion du pays parait avoir été le culte du soleil adoré sous le nom de Milhra, ainsi que l'indique un curieux bas-relief antique, dans le vallon de Tourne, à l'entrée de la ville. Voir IJisloiie du Vivarais, par M. le chanoine Rouchier, t. I, p. 160. — Églises romanes du Vivarais, Bourg-Saint-Andéol, par M. l'abbé Auguste Paradis, p. 2-7. — Voya ■■ ;/// Bourg-Saint' Andéol, par le docteur Francus.
3. Plusieurs monuments de l'époque gallo-romaine, du Moyen-Age et de la Renaissance attestent l'importance de la cité à toutes les époques de notre histoire. On admire surtout h btrllc église paroissiale de Saint-Andéol, la curieuse crypte de Saint-l'olycarpe, l'ancien palais des évéques de Viviers et les restes de nombreux monastères et établissements d'éducation. (V. I:glises romanes du Vivarais, par M. l'abbé I'aradis. )