NOUVEAUX DÉVELOPPEMENTS, NOUVELLES ÉPREUVES
Relations avec diverses Congrégations ou Communautés religieuses : les sœurs Béates du Puy, le monastère de Sainte-Catherine, de Langeac. — Relations avec plusieurs personnages illustres. — M. le vicomte de Bonald et la fondation de Millau. — Fondation de la Providence d'Alais: M. Taisson, curé d'Alais. — Rétablissement du siège de Viviers. Mgr Molin, le nouvel évêque, visite le couvent de Bourg. — Charité de la Vénérable Mère envers les pauvres : traits divers. — Le prodige de la multiplication de l'huile. — Zèle pour la conversion des pécheurs. — La Vénérable Mère reprend la visite des maisons de son Institut. — Maladie de M. Pontanier. — Voyage à Aix et à Marseille : trait de mortification à Notre-Dame de la Garde. — Mort de M. Pontanier : ses funérailles au couvent de Bourg- Saint-Andéol. — Alarmes suscitées par la loi du 24 mai 1825 sur les Congrégations religieuses de femmes. — Touchante lettre à la Sainte-Vierge. — Courageuse lettre à sœur Xavier.
L'EXrwxsiON de vie religieuse qui s'opérait dans la Congrégation de la Présentation de Marie, sous l'influence de sa vénérée Supérieure, devait franchir les limites de cet Institut. Les pieuses Demoiselles de l'Instruction du Puy, les Sœurs de Saint-Joseph, de La Louvesc et les Sœurs de Saint-Joseph, de Saint-Félicien, recouraient habituellement aux conseils de la Vénérable Mère dans toute circonstance un peu grave. Deux autres Congrégations firent appel à son zèle, en 1823, pour renouveler en elles l'esprit religieux.
A la maison de l'Instruction du Puy se rattachait l'œuvre de ces pieuses filles qui, sous le nom de Sœurs de campagne, ou, plus munément, de sœurs Béates, allaient dans les villages et les hameaux enseigner le catéchisme et soigner les pauvres malades. Pour mieux fixer dans l'esprit de leur vocation ces saintes filles, dont le zèle opérait un bien immense, Mgr l'évêque de Mende, de concert avec Mgr l'évêque de Saint-Flour, administrateur du diocèse du Puy, pria la Mère Rivier de les réunir dans des retraites annuelles. Sœur Xavier, qui présida leur première retraite à Saint- Chély, en rendait ainsi compte à sa Supérieure : « C'est hier, ma très chère et bonne Mère, que nous avons terminé nos pieux exercices : toutes les retraitantes ont été très édifiantes par leur modestie et leur ferveur. J'ai la confiance que le bon Dieu en sera glorifié et que le salut de beaucoup d âmes aura son principe dans cette retraite. »
Si les liens qui rattachaient à la Compagnie de Saint-Sulpice les Sœurs du Puy avaient été un titre à la mission que Mgr de la Brunière confia à la Mère Rivier, d'autres liens plus étroits unissaient la Compagnie de M. Olier au monastère de Sainte-Catherine, de Langeac.
C'est là qu'avait vécu pendant onze ans, là qu'était morte deux siècles auparavant, le 19 octobre 1634, la Vénérable Mère Agnès de Jésus, par les prières de laquelle le fondateur de Saint-Sulpice avait reçu du Ciel sa haute vocation. « On peut le dire, écrit M. 'de Lantages, la réforme du clergé par les séminaires, la dévotion de Saint-Sulpice à l'adorable Eucharistie et son amour pouf la très sainte Vierge étaient sortis du monastère de Langeac (1). »
Chassées en 1792 de leur pieuse demeure, transformée depuis en hôpital , les religieuses de Sainte-Catherine avaient enfin obtenu à grand'peine, en 1822, avec le rétablissement de leur Communauté, l'entrée au chœur de leur ancienne église pour y réciter le saint office. Mais les conditions qui leur avaient été imposées par l'autorité civile leur rendaient très difficile l'observation de leurs anciennes Règles. M. Vernet, qui, depuis plusieurs années, s'occupait activement de la reconstitution du monastère de Langeac, eut recours, une fois de plus, au dévoûment de la Véné-
1. Vie de la Vénérable Mère Agnès de Jésus, par M. de Lantages. T. II, appendice sur le monastère de Saints-Catherine.