‹ La vénérable Marie RivierChapitre 207 sur 279 · LES TROUBLES POLITIQUES DE 1830 ET LE CHOLÉRA · texte numérisé non relu

LES TROUBLES POLITIQUES DE 1830 ET LE CHOLÉRA

M. Vernet à Paris pendant les « journées de juillet. » — Troubles dans le midi de la France ; témoignages de sympathie et de respect donnés aux Sœurs de la Présentation. — Les pratiques d'expiation inaugurées à la Maison- Mère ; belles réflexions de la Vénérable Mère à propos de ces cérémonies extérieures de pénitence. — Malad e de la Servante de Dieu ; sa guérison subite à la suite d'un vœu.

— Ses aumônes pendant la disette de l'hiver 1831-1832.

— Elle visite Notre-Dame du Puy et diverses maisons particulières de son Institut. — Elle préside les exercices d'une grande retraite à la Maison-Mère. — Le choléra de 1832 ; dévoûment des Sœurs ; règle de conduite qui leur est donnée par leur Supérieure. — Fondations diverses : sœur Marie à la Tour-d'Aigues ; fruits merveilleux opérés dans cette paroisse. — Fondation de Saint- Julien, en Savoie. — L'épidémie cholérique de 1835 ; le fléau à Gréoux et à La Tour-d'Aigues. — Voyage de la Vénérable Mère en Savoie. — Protection particulière de la Providence.

LA nouvelle de la chute de Charles X et de l'avènement de Louis-Philippe parvint en province, accompagnée de détails si alarmants, que plusieurs crurent y voir le retour des pires époques révolutionnaires. « La frayeur de notre Mère fut extrême, dit sœur Sophie ; elle trembla pour la France, pour sa Congrégation et particulièrement pour notre bon Supérieur, qui se trouvait en ce moment à Paris, appelé pour une assemblée générale de Saint- Sulpice. »

Marie Rivier. 2,

Ces alarmes n'étaient point vaines : M. Vemet avait couru, pendant l'émeute, de réels dangers. Le 2~ juillet, dans la matinée, il

ndait de la maison de Saint-Lazare, où il venait de célébrer la

se devant les reliques de saint Vincent de Paul, au séminaire de Saint-Sulpice, quand un ami, le rencontrant fortuitement dans la rue, l'avertit de l'approche d'une troupe révolutionnaire. Il n'eut que le temps de monter dans la voiture de son ami, qui le conduisit au séminaire d'Issy. La communauté de Saint-Sulpice y était déjà e mblée. L'arrivée de M. Vernet y fut providentielle, car, plus que personne, dit-on, le digne Supérieur du séminaire de Viviers contribua, par son sang- froid et par sa présence d'esprit, à calmer les terreurs exagérées des jeunes séminaristes. <\ Rassurez-vous, écrivait-il quelques jours après, en répondant à une lettre pleine d'inquiétude de la Mère Rivier, rassurez-vous, il n'y a eu d'emprisonné que mon bagage, qui a été saisi avec tout ce qu'il contenait, y compris ma bourse, à la porte de Vaugirard. On l'a confisqué comme objet suspect, et transporté à l'Hôtel-de-Ville. Enfin tout est restitué ; mais vous comprenez quel a été, pendant plusieurs jours, mon embarras par suite de ce fâcheux contretemps. »

Les tristes événements de la capitale eurent leur contre-coup dans les provinces et tout particulièrement dans le Midi. De divers points des départements du Gard, de Vaucluse et des Bouches-du -Rhône, notamment d'Alais, de Saint-Quentin et des environs de Nîmes, la correspondance des Sœurs signale des collisions, parfois sanglantes, entre royalistes et libéraux. Rien de plus sage, dans ces circonstances, que la règle de conduite donnée par la Vénérable Mère : •• Demandez bien l'esprit du bon Dieu, écrit-elle à ses filles, pour \ous conduire avec sagesse ; il faut beaucoup de prudence en ce moment ; pesons nos paroles, prions et consultons souvent le Saint-

',. /• Ces conseils furent si bien suivis, au témoignage des Auna/es, que, non seulement aucune Sœur ne laissa échapper durant ces temps une parole imprudente capable de provoquer le mécontentement d'un parti, mais qu'au contraire, par leur sage retenue, les Sœurs de la Présentation méritèrent de recevoir partout des témoignages de bienveillance. Dans plusieurs localités de Vaucluse et du Gard,

irtisans les plus acharnés des diverses factions venaient tour à tour promettre leur protection aux bonnes religieuses, et, la nuit, deux patrouilles ennemies se rencontraient parfois à faire la garde a itour de l'école des Sœurs.

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