‹ La vénérable Marie RivierChapitre 210 sur 279 · I. Vie de Madame Rivier, p. 217-21S · texte numérisé non relu

I. Vie de Madame Rivier, p. 217-21S

appel à son zèle. Une grave crise commerciale, s'ajoutant aux trembles politiques avait amené en France une disette générale. De nouvelles distributions de secours durent être organisées au couvent de Bourg et dans les maisons qui en dépendaient : « 'Fous ceux qui se présentèrent, sans distinction de parti, dit sœur Sophie, reçurent ou de l'argent, ou des vêtements, ou des vivres, et une Sœur fut chargée de rechercher en ville, pour les secourir, tous les pauvres qui n'osaient demander. »

Les diverses maisons particulières furent exhortées à faire de même. Comme saint Vincent de Paul, à qui.au milieu des agitations de la Fronde, on demandait quel était son parti, Marie Rivier aurait pu dire : « Je suis pour Dieu et pour les pauvres. »

Non contente d'accomplir le vœu qu'elle avait fait de recevoir une orpheline, elle eut la joie de pouvoir en recueillir plusieurs et employa à cette œuvre les derniers restes de ses économies : « C'est une consolation pour nous, disait-elle, de penser que nous n'avons pas un sou de reste qui ne soit pour entretenir ces enfants ou pour instruire les pauvres de nos écoles. C'est la joie de mon cœur. Si jamais l'avarice, le mépris ou la dureté pour les pauvres devaient s'introduire chez nous, j'aime mieux que tout tombe. »

Son pèlerinage à Notre-Dame du Puy, qu'elle fit au mois de mai 1832, fut une occasion pour elle de visiter un bon nombre de ses établissements et d'y donner de nombreuses instructions, qui rallumèrent partout la ferveur. C'est ainsi qu'elle consola et fortifia ses filles de Langeac, du Monastier, de Thueyts, de La Bégude, de Vais, de Largentière et de Joyeuse.

Elle avait, peu de temps auparavant, présidé à Bourg une nouvelle retraite, pendant laquelle elle avait surtout recommandé à ses filles, comme moyen de sanctification, la pratique de l'oraison journalière : « Celles qui y seront fidèles, leur dit-elle, deviendront infailliblement des saintes. »

Les trouvant bien disposées, elle ne craignit pas de leur montrer la perspective des persécutions qui pouvaient leur être réservées en ces jours de trouble : « Notre Mère nous disait hier, en terminant la retraite, écrit sœur Célestine, que, si nous étions bien converties, nous ne craindrions ni les persécutions, ni les démons, ni la mort même, et qu'elle serait bien contente d'aller à 1 echafaud accompagnée de celles de ses filles qui voudraient la suivre, avec le Cru-

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