CHAPITRE XXIX
rendu ; en tête marchaient les jeunes filles des écoles, suivies des diverses congrégations de femmes et filles de la paroisse ; venaient ensuite les prétendantes revêtues du ruban noir, puis celles qui devaient recevoir le voile, puis les trois novices qui devaient être agrégées, portant une couronne sur la tête, et ayant chacune à son côté une pensionnaire qui tenait, avec le cierge, le bouquet, symbole de l'innocence ; enfin, venaient les Sœurs suivies de tout le clergé. Les habitants assistèrent à cette pieuse cérémonie en aussi grand nombre que l'église pouvait en contenir : ce spectacle les édifia singulièrement, et ils s'en retournèrent en bénissant Dieu de ce qu'ils venaient de voir.
« Quelques jours après, la Vénérable Mère se remit en route pour la France, mais allant à petites journées, parce que ses infirmités lui prescrivaient cette mesure. En passant à Montélimar, elle voulut saluer les dames de la Visitation ; la haute idée qu'on avait de sa vertu la fit recevoir par ces religieuses avec tout l'honneur possible: on l'introduisit dans l'intérieur du Couvent ; on Je lui montra dans le plus grand détail et on lui prodigua tous les témoignages du respect et de l'affection (1). »
Après son retour à Bourg, la Vénérable Mère s'empressa d'écrire à ses chères filles de Savoie. « Mon esprit et mon cœur, leur disaitelle, sont toujours avec ceux de mes chères filles, de mes chères novices, de mes bonnes pensionnaires et de toutes mes bonnes enfants de Saint-Julien. » Trois ans plus tard, sur son lit de mort, la Vénérable Supérieure ajouta à une lettre que sa secrétaire écrivait à sœur Arsène, Supérieure de Saint-Julien, ces lignes touchantes, tracées au crayon et d'une main si faible que les caractères en sont presque illisibles : « Adieu, ma chère fille. Oh ! que je tiens à tout ce qui est de la Savoie! Je voudrais y faire le bien dans tous les coins et recoins. Si je guérissais, je ne tarderais pas d'aller vous voir. Adieu sur la croix. »
En arrivant à sa chère maison de Bourg, la Vénérable Mère eut la joie de constater que l'état sanitaire y était aussi satisfaisant que possible. Il en était de même de tous les autres établissements ; le fléau n'y avait fait aucune victime en son absence. Ainsi, malgré l'admirable dévoûment, malgré les saintes imprudences de la charité de ses filles, pendant les deux épidémies de 1832 et de 1835, la Congre -