LES FONDATIONS DE BORDEAUX ET DE MOULINS
Les instruments cie la Providence dans la fondation de Bordeaux. M. l'abbé Dupuch. — Premières démarches faites par M. l'abbé Sabatier. — Plan de M. l'abbé Dupuch ; réponse de la Vénérable Mère. — Sœur Caroline, directrice des établissements de Bordeaux. — Les épreuves des premiers jours ; succès final. — Fondation de Moulins : échec d'une première tentative en 1825. — Nouvelles démarches de M . Philippe Martinet , curé de Saint- Nicolas. — Elles sont couronnées de succès. — Sœur du Saint - Esprit , directrice du pensionnat de Moulins. — Les pauvres Sœurs de Saint-Nicolas. — Bien qu'elles opèrent dans la ville de Moulins. — Les œuvres de l'Institut se propagent dans le Bourbonnais.
OUELLE est donc la nouvelle grâce que vous me préparez, ô mon Dieu? » s'écriait sainte Thérèse, chaque fois que Dieu l'éprouvait par quelque nouvelle souffrance. Ainsi aurait pu parler la Vénérable Marie Rivier. Cette loi générale, qui avait jusqu'ici fait coïncider avec les périodes de ses plus grandes épreuves les périodes des plus grands développements de son Institut, devait se réaliser jusqu'cà la fin de sa vie : en cette année 1835, si pleine d'angoisses, eurent lieu les importantes fondations de Bordeaux et de Moulins.
C'est à Bordeaux, on s'en souvient, que la Providence avait amené, en 1802, l'illustre prélat que la Congrégation de la Présentation se glorifie d'avoir eu pour premier protecteur et pour père. Jusqu'à sa mort, arrivée le II juillet 1826, Mgr d'Aviau n'avait cessé d'entrete-
Marie Rivier. 25
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nir tïons avec la Mère Rivier. Le souvenir des grandes
(ouvres de Thueyts, >i fréquemment rappelé par le vénérable archetait point éteint dans l'entourage de son digne successeur, Mgr de Cheverus. Le respectable grand vicaire, M. Barrés, dont
le culte pour tout ce qui touchait à la mémoire de Mgr d'Aviau était légendaire, le digne économe du grand séminaire, M. Géry, prêtre de Saint-Sulpice e't ami de M. Vernet, le savant M. Sabatier, le futur doyen de la Faculté de théologie de Bordeaux (i). originaire de Vernoux en Vivaiais, connaissaient, au moins de réputation, la Mère Rivier et ses filles (2). Mais celui dont la Providence devait faire son principal instrument dans l'établissement, à Bordeaux, des Sœurs de la Présentation, était un jeune prêtre, M. Dupuch, dont le zèle ardent préludait dans sa ville natale à l'apostolat si fécond qu'il devait exercer un jour, comme archevêque, sur la terre d'Afrique.
[ssu d'une des familles les plus honorables du Bordelais, Adolphe Dupuch, après de brillantes études à la Faculté de droit de Paris et au séminaire de Saint-Sulpice, n'avait pas tardé à devenir le promoteur ou l'ouvrier de presque toutes les bonnes œuvres de son pays natal. Ecoles, salles d'asile, patronages, ouvroirs, orphelinats, missions populaires dans les campagnes, se disputaient les sollicitudes de son infatigable apostolat. « On me loue beaucoup, disait le cardinal de Cheverus, des œuvres de charité qui se font dans la ville ; mais c'est le saint abbé Dupuch qui en a tout le mérite ; je n'ai que celui de l'admirer (3). »
« Or, raconte M. Sabatier, c'était, je m'en souviens, aux derniers jours du mois d'octobre 1834. Dans une réunion présidée par Monseigneur, la conversation étant tombée sur les institutions religieuses établies à Bordeaux, on convint unanimement qu'elles étaient insuffisantes pour toutes les œuvres déjà créées et pour celles qu'on se pr< ^posait encore. On partait de là pour conclure qu'il fallait leur
1. M. l'abbé Germain Sabatier avait été aumôrrer de la duchesse de Perry. Les deux volumes de Mélanges qu'il a publiés contiennent de curieuses informations, dont quelques-unes ont un intérêt historique. Il est l'auteur de savantes études sur le cardinal de Sourdis et sur les origines de la congrégation de Notre-Dame, d'une notice sur la
al. le Mc-re Rivier (in-8° 20 pages) et d'un grand nombre d'autres ouvrages.
2. Nous ne parlons pas de M. Ilamon, supérieur du grand séminaire de Bordeaux depuis 1826, parce que M. Ilamon, malade en 183S, ne put s'occuper de la fondation
'•urs delà Présentation. Plus tard, le digne supérieur se montra un des plus puissants protecteurs de l'œuvre.
3. Paroles du cardinal de Cheverus à sœur Caroline, rapportées par elle-même.