‹ La vénérable Marie RivierChapitre 236 sur 279 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

La nouvelle de cette grâce, aussitôt répandue dans les différentes maisons de la Congrégation, y encouragea la demande de nouvelles faveurs. Elles nese firent pas longtemps attendre.

Le lecteur a rencontré plus d'une fois, dans le cours de cette histoire, le nom de sœur Adélaïde, qui s'était appelée dans le monde Mlle Sophie Souchère. Agée de trente-trois ans à peine, cette bonne religieuse était atteinte, depuis trois années environ, d'une affection de poitrine, où le docteur Pages et le docteur Cade n'avaient pas hésité à reconnaître les symptômes de la phtisie. Toux sèche, insomnie habituelle, sueurs nocturnes, crachements de sang, semblaient annoncer la dernière période de la maladie. Envoyée, vers le milieu de juin 1S38, à Anduze, pour y changer d'air et y prendre du repos, sœur Adélaïde avait été obligée de s'arrêter en voyage, à Alais. C'est là que, le 6 août, affaiblie au point de ne pouvoir quitter le lit, elle commença, en union avec ses compagnes et avec les orphelines de la « Providence», une neuvaine à la Mère Rivier. « Quoique je fusse exténuée, dit-elle, au point de ne pouvoir me rendre à notre chapelle intérieure, dont ma chambre n'était séparée que de quelques pas, toutes mes bonnes Sœurs et toutes nos orphelines étaient fermement persuadées qu'au jour delà clôture de la neuvaine, je guérirais. Dieu récompensa leur foi. Le matin de la fête de l'Assomption de la Sainte- Vierge, je me levai sans peine, je me rendis à la chapelle, j'y entendis la Messe, et j'y communiai avec toute la Communauté. Le lendemain, 16 août 1838, je repris mes occupations ordinaires, et aujourd'hui, 11 septembre 1839, après treize mois écoulés, ma bonne santé s'est soutenue. » Sœur Adélaïde devait survivre quarante-cinq ans à sa guérison. Après avoir rempli, pendant vingt-cinq ans, les fonctions d'assistante générale, elle est morte pieusement à Bourg- Saint-Andéol, le 22 mars 1884.

Quelques semaines avant la guérison de sœur Adélaïde, M. Vernet avait reçu du vénérable M. Carbon, directeur au séminaire de Saint- Sulpice, la lettre suivante :

« Paris, 22 juillet 1838. — Nous avons lu avec beaucoup d'intérêt la relation du miracle obtenu par l'intercession de la bonne Mère Rivier (1). Vous étiez son Père spirituel ; elle ne peut rien vous refuser ; demandez-lui donc la guérison de notre très honoré Père, dont la maladie nous donne de grandes craintes. »

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