‹ La vénérable Marie RivierChapitre 238 sur 279 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

compagnie de ses enfants, taire de fréquents pèlerinages à Notre- Dame de Pitié. »

Tels furent les premiers signes donnés par la Vénérable Mère de son crédit auprès de Dieu. Bien d'autres grâces sont venues depuis les confirmer. Ce sont M. de Montaulieu, élève à l'école militaire de Saint-Cyr; M. Tourrette, chef de division à la préfecture de la 1 faute-Loire ; sœur Sainte-Philomène, religieuse de l'Assomption de Sainte-Marie, de Privas ; le docteur Rigal, de Jaujac, et tant d'autres qui en sont l'objet ; ce sont les docteurs Masclary, de Viviers ; Salanson, de Florac ; Nier, de Privas ; Bougrand, de la Calm ; Séguy, de Pierrelatte, qui en rendent témoignage. A Thueyts, une petite croix, plantée jadis par la Mère Rivîer sur les bords du domaine de Luzet, devient un but de pèlerinage. Des estropiés, comme la femme Gaucherand, s'y traînent à l'aide d'un bâton et en reviennent guéris. .Mais c'est surtout pour la guérison des maladies d'yeux que ce pèlerinage semble être efficace : quiconque souffre de l'organe de la vue se rend « à la crous de la Mèro Rivier, qu'es tant afourtunado per gart lis net (1). 2> On comprend que nous ne pouvons entrer dans le détail de tous ces faits, où l'imagination populaire, nous le reconnaissons, peut avoir eu sa part. Il n'en saurait être ainsi des deux faits suivants, par lesquels nous terminerons cet exposé des grâces dues à l'intercession de la Vénérable Servante de Dieu.

Le 2 février 1838, fête de la Purification de la Sainte-Vierge et dernier jour que la sainte Fondatrice devait passer sur cette terre, un jeune homme de vingt-huit ans, originaire de Toulouse, M. Ferdinand de Saint- Salvy, se présentait au monastère des Trappistes de Notre-Dame d'Aiguebelle, en Dauphiné. Une plaie vive dont il souffrait depuis quatre ans et dont le docteur Gaillard, médecin du Capitole, à Toulouse, constatait déjà le caractère inquiétant, ne parut pas un motif suffisant d'écarter de la vie religieuse le jeune postulant, qui fut admis, le 9 mai 1839, à prononcer ses vœux perpétuels. Mais, deux ans après, le mal s'aggrava. En 1841, le docteur Séguy, de Pierrelatte, après un examen minutieux, constatait, dans un certificat, que « la nature cancéreuse de la plaie ne lui paraissait pas douteuse », et, d'accord avec le R. P. Marie Espanet, officier de santé et religieux trappiste, proposait, comme seul remède efficace, une opération chirurgicale.

i. La croix de la Mire Rivier, qui a un si grand don four guérir les yeux.

Sur ces entrefaites, le 25 mai 1841, M. Vernêt, dont le zèle ne négligeait aucune occasion de contribuer à la glorification de la Servante de Dieu, fait parvenir au R. P. Abbé de la Trappe une

image de la Mère Rivier, accompagnée d'un morceau de linge lui ayant appartenu. <• Je n'avais jamais entendu parler de la Mère Rivier, dit le Père Marie de Saint-Salvy dans sa déposition au Procès apostolique ; mais, d'après ce que m'en dit notre R. P. Abbé, je plaçai religieusement le morceau de linge dans un reliquaire et l'image sur le mur de ma cellule, de manière à l'avoir en face de moi dans mes prières. Avec la permission de mon Père Supérieur, je cessai tout traitement médical, et je commençai une neuvaine à la Mère Rivier, m'abstenant avec soin d'invoquer pour ma guérison aucun saint, pas même la divine Marie.

i Les douleurs augmentèrent d'abord. Je dis en riant au Père Abbé : <•' C'est la Mère Rivier qui me fait souffrir. /> L'événement a montré que la bonne Mère ne s'offusqua pas de ma plaisanterie. » Mais laissons ici la parole au R. P. Mnrie Espanet, religieux médecin du monastère : << Je n'avais pas été consulté depuis quelques jours par le Père Marie de Saint-Salvy ; j'ignorais la neuvaine. Aux premiers jours de juin, notre Père Abbé me fit appeler et me dit en riant : « Allez voir le Père Marie dans sa cellule » ; ce que je fis aussitôt. Mais quel fut mon étonnement quand je n'aperçus plus aucune tumeur ! Les chairs étaient redevenues souples et naturelles ; la pression des doigts ne déterminait aucune douleur. Je m'écriai : <L C'est un miracle de la puissance de Dieu ! » Le Père Marie me montra alors une grande image au-dessus de son prie- Dieu et me dit : «. Voilà celle qui m'a guéri. » Je regardai de plus près et je vis que c'était le portrait de la Mère Rivier, dont je n'avais jamais encore entendu parler. »

Le docteur Augustin Séguy, de Pierrelatte, fit les mêmes constatations que le Père Marie Espanet Elles sont consignées dans un procès- verbal du 12 juin 1841 et dans une déposition au Procès apostolique, faite le 15 décembre 1868. Le jour même de sa guérison, le Père Marie de Saint-Salvy reprit le règlement ordinaire de la Communauté: la plaie ne se reforma plus jamais, il ne ressentit depuis lors aucune douleur.

Seize ans plus tard, la population de Thueyts attribuait à l'intercession de la Mère Rivier une guérison non moins extraordinaire.

Mme Giffon, née Victorine Tourette, avait perdu successivement

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