‹ La vénérable Marie RivierChapitre 29 sur 279 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

abondants, qu'il renfonçait ainsi dans son n/ant, au début de sa vie, par les épreuves les plus cruelles.

Dieu voulait peut-être aussi prémunir l'âme de la pieuse jeune fille contre certaines pensées de vanité, auxquelles aurait bien pu donner lieu l'estime universelle dont elle était entourée dans son pays natal.

« Sa conduite édifiante, sa modestie, la solidité de son jugement, la bonté de son cœur, lui avaient tellement concilié l'estime des habitants de Montpezat, que tous avaient pour elle une sorte de vénération. Lorsqu'elle passait dans les rues, les femmes lui criaient parfois de leurs fenêtres : « Marinette, obtiens-moi ceci, obtiens-moi cela du bon Dieu. » Et Marie promettait simplement de faire ce qu'on lui demandait, n'envisageant autre chose que la volonté de Dieu (1). »

Le séjour de Mlle Rivier à Montpezat s'était prolongé trois ans et sept mois. Elle venait d'entrer dans sa dix-septième année. Ses parents jugèrent à propos de la replacer quelque temps encore au couvent de Pradelles pour y achever son éducation. Durant ce nouveau séjour au pensionnat, qui dura huit mois, elle manifesta les mêmes vertus et exerça la même bienfaisante influence. Outre le soin des premières communiantes, on lui confia le soin d'un catéchisme que les pensionnaires faisaient à de pauvres filles de la campagne réunies au couvent. Deux vertus grandirent particulièrement en elle à cette période de sa vie: ce furent son amour pour la Sainte- Vierge et son esprit de mortification.

On avait déjà remarqué à Montpezat que ses visites à Notre- Dame-de- Pitié devenaient plus fréquentes et plus longues. Elle prit, lors de son second séjour à Pradelles, l'habitude de réciter chaque jour le chapelet et le petit office de l'Immaculée-Conception.

Sa mortification se manifesta surtout à cette époque par la lutte contre sa volonté propre, contre l'impressionnabilité de son caractère et la vivacité de son imagination. Les témoins entendus au Procès de canonisation en ont cité plusieurs exemples remarquables.

Elle-même a raconté le trait suivant à sœur Célestine, maîtresse des novices. « Un jour, dit-elle, j'éprouvai un sentiment de vanité au sujet d'un mouchoir dont la couleur et le dessin allaient à mon goût. La grâce me reprocha si vivement cette petitesse, et j'eus tant de honte de m être attachée à ce mouchoir, que j'allai m'étendre dans

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