L'INSTITUTRICE DE MONTPEZAT
Marie Rivier retourne à son pays natal. — Son projet d'école. — Difficultés qu'elle rencontre. — La Maison des tertiaires dominicaines du Chanton. — Succès de l'école aussitôt qu'elle est ouverte. — Témoignage des contemporains. — Marie Rivier institutrice : son autorité, son zèle pour inspirer la piété aux enfants, ses industries pour leur faire pratiquer la charité. — Fait merveilleux : la Vierge qui sourit. — Marie Rivier est chargée de la formation des novices du Tiers-Ordre de Saint-Dominique. — Extension de ses œuvres.
L'obstacle inattendu que Marie Rivier venait de rencontrer, au moment où elle croyait pouvoir trouver dans la vie religieuse la satisfaction de ses aspirations les plus ardentes, avait été pour elle le sujet d'une cruelle épreuve. Si son courage ne s'était point abattu, si sa volonté s'était relevée avec un surcroît d'énergie, ce n'avait été qu'au prix d'un déchirement intime. L'impression laissée par cet événement de sa jeunesse fut si profonde, que la Vénérable Mère n'en parlait jamais qu'avec émotion : « Au temps même où j'attendais encore la décision de mes bonnes maî- :s, raconte-t-elle, j'éprouvais dans mon âme des sentiments étranges. Il y avait des jours où mon espoir de réussir augmentait, d'autres où les obstacles semblaient devenir insurmontables. Lorsque les oppositions devenaient plus fortes du côté de mes supérieures ou du côté de ma famille, tout me plaisait davantage, tout m'enchantait au couvent : le costume, la règle, les exercices, les usages ; puis, dès que les obstacles semblaient s'aplanir, un sentiment de vive répulsion s'emparait de mon âme, tout se révoltait en moi, je m'ima-