‹ La vénérable Marie RivierChapitre 40 sur 279 · ET DES PAUVRES · texte numérisé non relu

ET DES PAUVRES

Marie Rivier est chargée de préparer les enfants à la première Communion. — Son zèle et son dévoûment dans cette œuvre. Heureux résultat qu'elle en obtient. — Profond souvenir laissé à Montpezat par la cérémonie de la première Communion de 1789. — Traits de charité envers les pauvres : sa libéralité, services qu'elle rend aux indigents. — Elle recueille sa première orpheline. — Sa vie d'oraison au milieu de tant de travaux. — Ce que la Vénérable Mère entendait par vie d'oraison ou de prière. — Faits merveilleux rapportés par des témoins contemporains.

DEPUIS qu'elle avait ouvert une école à Montpezat, Marie Rivier s'était occupée avec un soin tout spécial des élèves de sa classe qui se préparaient à leur première Communion. Prenant à part celles à qui une instruction trop négligée ne permettait pas de suivre les leçons du catéchisme paroissial, elle les avait, à force de patience, si bien formées à la piété et à la connaissance de la religion, que bientôt M. le curé se déchargea sur elle du soin de catéchiser les jeunes filles. Son autorité sur les petits garçons n'était pas moindre. « Lorsque, disent les témoins contemporains, dans une procession ou dans une cérémonie quelconque, M. le curé ou l'un de ses vicaires ne parvenait pas à maintenir ce petit peuple dans l'ordre, ils en faisaient donner avis à Mile Rivier. Celle-ci s'éloignait, pour un moment, d^ ses petites filles, et apparaissait au milieu des

petits garçons. Tout le momie aussitôt rentrait dans le devoir. ) — \ rai, dit la Vénérable Mère, que, dans le commencement, je en humilier quelques-uns, tirer à d'autres les oreilles, administrer, >is; mais personne n'y trouvait à redire ;

ient, et je n'ai pas connu un de ces enfants qui ne me soit demeure très affectionné

fut sans doute cet extraordinaire ascendant de Marie Rivier sur les enfants qui porta M. le curé de Montpezat, vers la fin de l'année 17S9, à déclarer publiquement que désormais il confiait à la sollicitude de la pieuse institutrice les catéchismes de préparation à la première Communion pour les enfants de l'un et de l'autre sexe; qu'il s'en rapporterait à elle uniquement, sans autre examen, décidé à admettre ceux qu'elle aurait admis, à refuser ceux qu'elle aurait refusés, t Dès le lendemain, dit sœur Sophie, une troupe nouvelle d'enfants se présenta à l'école, et Mlle Rivier commença à les instruire. Cette œuvre, jointe à ses autres occupations, lui laissait à peine le temps de prendre un pauvre repas. Mais elle s'y livra avec une telle générosité et de si grand cœur, que Dieu, qui aime ceux qui lui donnent avec joie, ne refusa pas à sa courageuse Servante toutes les forces dont elle eut besoin pour accomplir la tâche qu'il lui imposait. » La bénédiction divine ne se fit pas attendre. Tout ce p~tit monde, au dire des témoins, revenait chaque jour avec un nouvel empressement, toujours avide d'entendre les explications du catéchisme et les instructions de la jeune institutrice, toujours prêt à s'acquitter fidèlement des pratiques de piété qui lui étaient suggérées. Les garçons ne donnèrent pas moins de contentement que les filles à Mlle Rivier, qui ne se lassait pas d'admirer leur politesse, leur réserve et leur modestie.

Quand la première Communion fut proche, les exercices de piété devinrent plus nombreux. « Tous les matins, dit Blanche Combette, nous allions en bon ordre à la messe, et tous les soirs nous retournions dans le même ordre à l'église, pour y réciter la prière en commun ; le vendredi nous faisions les stations du Calvaire. »

Le jour de Pâques, fixé pour la première Communion, étant arrivé, Marie Rivier mit tous ses soins à rehausser le plus possible le caractère solennel de la cérémonie.

Cette première Communion de 1789 fut la dernière de celles qui précédèrent la Révolution. De longues années devaient s'écouler avant qu'une cérémonie de ce genre pût se renouveler publiquement dans

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