CHAPITRE IX
viens, investi de pouvoirs illimités, réprimer par tous les moyens possibles les manœuvres liberticides qu'emploient les ministres du culte salarie par la nation, et assurer aux vrais républicains la punition de ces conspirateurs qui, au nom d'un Dieu de paix, nardent la Patrie (1). »
La commune de Montpezat possédait déjà une compagnie de i volontaires nationaux » que le Directoire de Privas y avait envoyée « pour en imposer aux malveillants et les empêcher d'agiter le brandon du fanatisme (2).» L'église paroissiale, fermée au culte dès la fin de l'année 1792, devint une grange ; la chapelle de Notre- Dame-de-Pitié servit d'abord de salle de séances à la municipalité ; il fut délibéré plus tard, en 1794, qu'elle serait transformée en atelier pour la fabrication du salpêtre, « objet d'autant plus important qu'il devait servir à anéantir tous les tyrans (3). »
Tel était le triste état de la France, du département de l'Ardèche et de la paroisse de Montpezat au moment où Marie Rivier y reprenait avec courage ses œuvres anciennes, prête à y ajouter toutes celles que réclameraient les besoins nouveaux de ces temps malheureux.
Depuis quelque temps déjà, c'est elle-même qui nous l'apprend, un vague pressentiment semblait lui indiquer la grande mission que la Providence allait lui confier. « Au temps où toutes mes œuvres prospéraient à Montpezat, raconte-t-elle, quoique ma vie en fût tout occupée, je sentais au-dedans de moi un vif désir de procurer par de plus grandes choses la gloire de Dieu. Sans pouvoir bien démêler à quoi tendaient ces aspirations, elles me tourmentaient comme une inquiétude (4). » Elle ne pouvait s'y tromper maintenant : le temps de faire ces « grandes choses » qu'elle avait rêvées, était venu.
La fermeture des églises et l'absence des prêtres fidèles ne pou-