‹ La vénérable Marie RivierChapitre 53 sur 279 · Archives municipales de Montpezat · texte numérisé non relu

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4. Sainte Thérèse, dans sa Vie écrite far elle-même, raconte également que, dans sa jeunesse, elle était tourmentée du désir de € faire de grandes choses. » Loin de s'en repentir ou de s'en excuser, elle ajoute ces remarquables paroles : «Je suis persuadée que le démon nuit beaucoup aux personnes d'oraison en leur faisant croire qu'il y a de l'orgueil à former de grands désirs. La bannière de l'humilité doit toujours marcher devant nous, mais nous devons avoir une idée juste de cette humilité. Pour moi, je n'ai jamais vu aucune de ces âmes lâches qui s'abritent sous le rempart de l'humilité faire en plusieurs années les progrès que font en si peu de temps les âmes courageuses dont le désir va au devant des grandes choses. » ( Vie Je sainte Thérèse écrite par elle-même. Trad. Bouix, ch. XIII.)

LA Vl NÉRABLE MARIE RIVIER.

vaient dispenser les chrétiens de remplir, dans la mesure du possible,

- devoirs ux. Pour faciliter l'accomplissement de ces

irs, Marie Rivier les convoqua dans des maisons particulières,

des greniers, dans des granges, et présida* elle-même ces

réunions, f Elle faisait arranger la salle ou la grange, dit sœur Adélaïde, de manière à rappeler un peu l'église. Le dimanche, elle y récitait à haï. les prières de la messe, les psaumes des vêpres

L Puis elle faisait une instruction. » Sa parole était si pleine de foi, ses avis si sages et empreints d'une telle autorité, que iutaient comme un véritable pasteur. « Je fréquentais l'école vivier au moment où la Révolution éclata, dit Agnès Chastagnier. Je puis dire que tant que les troubles ont duré, elle a été au milieu de nous comme un curé. » Cette dernière expression se trouve dans presque toutes les dépositions des contemporains.

Dans ses instructions, la pieuse jeune fille se contenta d'abord, sans faire aucune allusion aux événements politiques, de parler simplement des grandes vérités et des grands devoirs de la vie chrétienne, de l'obéissance due aux commandements de Dieu et de l'Église, du péché, du ciel, de l'enfer. « Jamais, disent les témoins, le moindre mot blessant, la moindre allusion offensante pour personne ne sortit de ses lèvres. » Ces assemblées furent bientôt très nombreuses. « On y venait en foule, » disent les contemporains. L'autorité locale commença à s'émouvoir. Un commissaire signifia à M Rivier que, si elle continuait à tenir de pareilles assemblées, elle serait incarcérée. Elle se contenta de redoubler de précautions, recommanda de ne plus amener les enfants, n'admit désormais que des personnes sûres.

Les réunions avaient eu lieu d'abord dans l'établissement des Dominicaines. Par prudence, elles durent se tenir ensuite dans la maison de Mlle Chambon, puis, tantôt dans la maison Rivier, tantôt dans une grange du Haut-Montpezat. Chassée d'un local par l'autorité, Marie Rivier se bornait à convoquer les fidèles dans un autre endroit.

A mesure que la situation devenait plus périlleuse, sa parole prenait un accent plus grave, ses exhortations à la prière devenaient plus pressantes. « 11 nous faut fléchir la colère divine, s'écriait-elle. Prions et ne cessons pas de prier. Malheur à nous, si les prières des justes ne parviennent pas à désarmer le bras de Dieu ! )) Lorsque le péril devint m grand que chaque catholique se vit menacé d'être

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