‹ La vénérable Marie RivierChapitre 58 sur 279 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

sans son agrément, et non seulement elle ne s'opposa jamais à aucune de mes pieuses entreprises, mais elle m'encouragea toujours à persévérer clans ces travaux. Klle ne s'inquiétait pas plus des murmures qu'ils occasionnaient quelquefois, qu'elle ne s'était troublée, lorsque j'étais toute petite, du sabbat continuel que faisaient avec moi, sur la terrasse, les enfants dont j'étais entourée. » Des témoins, après avoir constaté cette union intime entre la mère et la fille, ont cru pouvoir déclarer que Madame Rivier semblait avoir une prédilection particulière pour cette enfant. Ne serait-il pas plus juste de dire que son instinct maternel et sa profonde piété avaient eu le pressentiment des hautes destinées de sa fille? L'appui, du reste, qu'elle prêtait à sa chère Marie était largement récompensé par le parfum d'édification qu'elle recevait chaque jour de ses vertus. 4! Il me semble, disait-elle, que la présence de cette enfant me porte bonheur. Quand elle est absente, rien ne va plus dans la maison (i). » Après la mort de son mari, Madame Rivier avait eu des jours pénibles à traverser. Son beau-père, Antoine Rivier, avait pris la direction des affaires de la famille. Or, ce bon vieillard, excellent chrétien, laborieux et plein de loyauté, apportait, paraît-il, au foyer domestique, un esprit de parcimonie dont la pauvre veuve et ses enfants eurent beaucoup à souffrir. « Par manie plutôt que par malice, dit sœur Marie, il laissait quelquefois la famille dans une vraie nécessité, ce qui faisait en même temps souffrir la mère et la fille, l'une par des privations, l'autre par la compassion que lui causait sa piété filiale. » Dans ces difficiles circonstances, Marie avait été l'ange consolateur de sa mère.

C'est précisément au moment où Dieu allait l'appeler à mettre à exécution ces « grandes choses » dont il lui inspirait le désir, qu'il voulut, pour montrer sans doute que son œuvre devait se faire en dehors de tout appui humain, priver son humble Servante du plus cher de ses soutiens. Et, comme cette œuvre devait s'accomplir en dehors de Montpezat, il brisait par là même le lien le plus puissant qui retenait Marie Rivier à son pays natal.

Au mois de novembre 1793, Madame Rivier fut atteinte d'une maladie qui prit aussitôt le caractère le plus alarmant. Sœur Sophie, sœur Marie et sœur Saint-Pierre, qui avaient reçu les confidences de plusieurs témoins oculaires et de la Vénérable Mère elle-même,

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