I. Déposition de M. le chanoine Valette, curé de Montpezat
8o LA VÉNÉRABLE MARIE RIVIER.
nous ont donne dos détails touchants sur cette épreuve, où se révéla la tendresse mutuelle de la mère et de la fille dans ce qu'elle avait de plus vif et de plus délicat.
Dès que la nouvelle en fut répandue, les gens du bourg vinrent en foule offrir leurs services à la malade. Les jeunes filles qui composaient le € petit couvent - se distinguèrent surtout par leur empressement et par leur bon cœur. Elles accouraient par groupes, du matin au soir. Mais, au milieu des crises qui lui causaient des souffrances horribles, la pauvre malade ne réclamait que sa fille : « Où s 'écriait-elle, et quand Marie était à son chevet : « Mon enfant, lui disait-elle, je souffre extrêmement, parle-moi du bon Dieu. » Et la pauvre enfant, surmontant, par un effort énergique, sa propre douleur, lui parlait de Dieu comme elle savait le faire, et faisait entrer, par ses douces paroles, le calme et la consolation dans l'àme de sa mère.
Elle recommandait surtout aux charitables personnes qui offraient leurs services.de prier avec ferveur, i Tout ce qu'il y avait de personnes pieuses à Montpezat, dit sœur Sophie, se mit en prières ; les petites élèves de l'école, les femmes et les jeunes filles qui venaient aux assemblées, mais surtout les Sœurs tertiaires de Saint-Dominique ne cessaient de demander à Dieu la guérison de Madame Rivier. Dieu, dans ses desseins adorables, semblait sourd à toutes ces instances. Le mal allait toujours en empirant. La malade ayant un jour partagé entre ses trois filles une somme d'argent, Marie résolut à l'instant de consacrer sa part à faire dire des messes ; elle en fit célébrer autant que la difficulté des temps le permettait et distribua le reste de l'argent en aumônes. Elle engagea ses sœurs à faire de même. Madame Rivier avait eu le bonheur de recevoir plusieurs fois la visite de son confesseur ordinaire. Le zèle de sa fille lui amena, en outre, sur son lit de douleur, un prêtre d'une éminente vertu, qui se tenait alors caché non loin de Montpezat et dont le . entretiens lui apportèrent beaucoup de consolation (i). »
ir achever de purifier l'âme de la malade, aux souffrances déjà intolérables qu'elle subissait vinrent s'ajouter les tortures d'une opération chirurgicale qui ne réussit point. Sa généreuse fille, se faisant violence jusqu'au bout, ne cessa de se tenir auprès de sa
i. Ce prêtre n'est pas autrement désigné dans le récit de sœur Sophie, mais tout porte à croire qu'il n'était autre que M. Pontanier, prêtre de Saint-Sulpice, caché à Thueyti chez une de ses tantes.