CHAPITRE XI
L'ÉCOLE DE THUEYTS.
Arrivée à Thueyts ; installation dans la maison des Dominicaines. — Succès croissants de l'école; estime générale qui entoure la nouvelle institutrice. — M. le comte de Blou lui confie ses enfants. — Son ascendant sur la jeunesse : histoire du petit Jeannet. — La situation religieuse à Thueyts en 1794. — Industries du zèle de Marie Rivier : les réunions à l'église, les assemblées de femmes. — Quelques traits de son apostolat. — Sa libéralité envers les pauvres. — Son zèle pour la conversion des pécheurs ; la jeune fille de Bruc en costume de carnaval. — Sa charité envers les affligés et les malades. — Maladie grave. — La neuvaine à la Croix de l'Ormeau.
OUAND notre Vénérable Mère se rendit à Thueyts, raconte sœur Saint-Philippe, elle y alla comme un apôtre. Elle portait tout son trousseau sous le bras, ayant donné tout le reste de ses effets aux pauvres en quittant Montpezat. » L'excellente famille Xaud se chargea de lui procurer les premières provisions.
Les Sœurs tertiaires de Saint-Dominique, qui possédaient une maison à Thueyts, n'en avaient pas été expulsées comme à Montpezat. C'est chez elles que Mlle Rivier ouvrit son école. Elle était continue à la maison Bosc, où résidait M. Pontanier (i). Dès le début, la pieuse et prudente institutrice s'appliqua à établir le bon ordre dans sa classe et à gagner, par sa douceur, l'affection des enfants. Bientôt, ceux qui lui avaient été le plus hostiles déposèrent leurs préventions, et se montrèrent aussi ardents que les autres à lui
i. La maison des Dominicaines, où la Vénérable Mère ouvrit son école, subsiste encore. Elle est occupée actuellement par les Petits Frères de Marie.