‹ La vénérable Marie RivierChapitre 79 sur 279 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

exemple nous enseignait notre devoir ; à la vue de son dévoûment et de son courage, nous avions honte de notre lâcheté ; nous pouvons toutes certifier qu'elle nous prêchait autant par ses exemples que

par ses paroles (1). »

Le bienfaisant ascendant de la sainte Fondatrice se faisait sentir en même temps par delà les bornes de la petite Communauté, sur la population tout entière du bourg de Thueyts et des pays environnants. Les préventions suscitées autrefois s'étaient évanouies peu à peu. Le nombre des pensionnaires ne cessait d'augmenter. Après M. de Blou, M. de Vinezac, de Largentière, n'hésitait pas à confier sa fille au pensionnat de Thueyts. Plusieurs familles distinguées des environs suivaient ces exemples. Il est vrai que la maison de la Présentation (ce nom peut lui être donné désormais) venait de s'adjoindre une nouvelle maîtresse dont l'éducation brillante et les talents variés jetaient, aux yeux du monde, un nouvel éclat sur l'œuvre de Thueyts.

Lue religieuse de Saint-Joseph, expulsée par la Révolution du couvent de Monistrol, avait, depuis quelques mois, trouvé un asile dans l'hospitalière maison du comte de Blou. Elle ne fut jamais connue que sous le nom de Mlie F"élicité. Touchée, comme tout le monde, de sympathie pour l'œuvre naissante, mieux à même que d'autres d'en apprécier toute l'importance, elle ne tarda pas à mettre au service des humbles institutrices de la maison des Dominicaines son expérience acquise dans l'instruction de la jeunesse, et alla régulièrement, à titre d'auxiliaire, donner des leçons aux élèves de l'école.

Peu à peu, la vue du bien qui s'opérait autour d'elle, l'affectueuse reconnaissance que lui témoignaient les pieuses maîtresses, la joie de retrouver, dans une perfection plus grande peut-être qu'à Monistrol, cette vie religieuse qu'elle regrettait, ajoutons l'estime croissante dont l'entouraient ses jeunes élèves et leurs familles, lui firent solliciter la faveur d'être agrégée aux pauvres institutrices de la maison de Thueyts. Hélas! de tous ces motifs, le dernier devait devenir un piège pour elle. Les succès brillants qui accueillirent son enseignement furent pour le démon une occasion de faire naître et grandir en son âme un esprit d'orgueil et d'indépendance qui la conduisit à la plus triste des défections. Nous en verrons bientôt

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