Au sens de traction et attrait
2. On. sait quelles explosions de joie éclatèrent dans le camp janséniste lorsqu'en 1669, ils obtinrent la condamnation de la Confrérie du Saint-Esclavage de la Mère de Dieu et la proscription d'un Office de l' Immaculée- Conception.
« Domine Jestc Christe, splendor paternae gloriae et figura substantiae eius, vota renovo illius servitutis qua me totam gemini pulchritudini tuae promisi reddituram ; omnemque gloriam quae hic haberi aut optari potest rejicio, praeier eam qua me vert ancillam tuam in aeternnm profiteor. Amen, mi Jesu.
Seigneur Jésus, splendeur de la gloire du Père, et figure de sa substance, je renouvelle le vœu de dépendance absolue dont j'ai promis l'hommage à votre double beauté; et je renonce à toute gloire qui puisse être possédée ou désirée ici-bas, hors celle de me proclamer votre véritable servante à jamais. Ainsi soit-il, mon Jésus. »
Ce qui m'a donné le mouvement à cette dévotion de la double beauté du sacré Verbe incarné, c'est qu'étant un jour à notre maison de Tours dans un transport extraordinaire, j'eus une vue de l'éminence et sublimité de cette double beauté des deux natures en Jésus-Christ. Dans ce transport je pris la plume, et écrivis des vœux conformes à ce que mon esprit patissoit. J'ai depuis perdu ce papier. Etant revenue à moy je me trouvai engagée d'une nouvelle manière à Jésus- Christ, quoique, quelque écrit que ce puisse être, ne puisse jamais dire ce qui se passe dans l'àme quand elle est unie dans son fond à ce divin objet. Dans ce seul mot : Figure de la substance du Père, l'esprit comprend des choses inexplicables; l'âme qui a de l'expérience dans les voies de l'esprit l'entend selon l'étendue de sa grâce; et dans ce renouvellement de vœux à cette double beauté, l'âme qui est une même chose avec son bien-aimé entend ce secret, comme elle entend celui de sa servitude envers lui.
Je vous ai autrefois parlé de la dévotion à saint François de Paule : car je crois que vous n'ignorez pas que ce fut notre bisaïeul qui fut envoyé par le roi Louis XI pour le demander au Pape et pour l'amener en France. J'en ai bien entendu parler à mon grand-père; et même ma tante, qui est morte lorsque j'avais quinze ans, avoit vu sa grand-mère, fille de ce bisaïeul, qui la menoit souvent au Plessis pour visiter
ce saint homme, qui par une pieuse affection, faisoit le signe de la croix sur le visage de cette petite en la bénissant. C'est ce qui a toujours donné une grande dévotion à notre famille envers ce grand saint. Mon grand-père nous racontoit cela fort souvent, afin d'en perpétuer après lui la mémoire et la dévotion, comme il Ta voit reçue de son aïeul.
Voilà le récit d'une partie de mes dévotions que je vous fais avec la même simplicité que vous me l'avez demandé. Souvenez-vous de moi, dans les vôtres, car de mon côté je ne fais rien que vous n'y ayez votre part. »
La longueur de cette citation trouvera sans peine son excuse» dans l'intérêt du tableau qu'elle nous présente de l'âmé de la sainte fondatrice, et aussi dans les détails biographiques, qu'elle nous offre soit sur son fils alors en pleine carrière le prédication, isoit sur sa propre parenté, à propos de sa vénération pour saint François de Paule.
Il est temps d'arriver aux lettres publiées d'après l'original. La lettre copiée à la Bibliothèque Mazarine sur l'autographe décrit plus haut1, n'est plus, à strictement parler, inédite, même sous sa forme authentique, ayant paru dans les Etudes2 en regard du texte défiguré par le P. Martin, premier éditeur des lettres de sa mère.
Mais précisément à cause de cette particularité, il est inutile d'insister sur les divergences qui distinguent les deux textes et il nous suffit de reproduire, avec l'annotation qu'elle ap<pelle, la leçon originale, à laquelle le P. Martin avait imposé tant de modifications malheureuses. La lettre comme nous l'avons vu par le Post-scriptum, daté lui aussi, de la Mère Marie de Saint Joseph, est du 4 septembre 1641, ce» ..qui n'a