Richaudeau : ... Je la supplie aussi
Votre très humble et très obligée Sr et servante en Jésus- Christ.
Sr Marie de l'Incarnation, urs. ind.
du séminaire de St-Joseph aux Ursulines de Québec, le 4e septembre 1641.
A ma Reuerende Mère,
La Reuerende Mère Madame l'Abesse du Port-Royal au faubourg St-Jacques, a Paris.
A part la phrase modifiée par l'abbé Richaudeau ou sur la copie qui lui fut soumise, à part aussi l'orthographe qu'il avait des raisons de rajeunir, il n'y a pas de sensibles différences entre son texte et celui des originaux. Le plus grave est peut-être l'annotation que le dernier éditeur a ajoutée aux deux lettres publiées par lui et que nous discuterons à propos de la lettre du 30 août 1642.
Disons seulement que l'abbé Richaudeau a eu le tort de préciser à faux l'Abbesse à qui s'adressaient les deux lettres. C'est bien, quoi qu'il en ait dit, nous le verrons, la Mère Agnès et non la Mère Angélique qui est la destinataire de ces deux lettres.
Un inconvénient plus grave de s'en rapporter aux seules copies fournies de loin, ce fut d'omettre d'autres lettres de Québec qui, pour n'émaner pas de la Mère Marie de l'Incarnation, intéressaient cependant l'histoire de son monastère. Elles trouveront ici place à leur date.
La première, postérieure de douze jours seulement à la lettre de remerciement de la supérieure, a le même objet et porte les signatures conjointes de deux de ses compagnes, la Sœur Anne de Sainte-Claire, et la Sœur Marguerite de Saint-Athanase. Celle-ci a tenu la plume.
Jésus Marie Joseph
Madame,
Très humble salut en Notre Seigneur. La présente sera pour me donner l'honeur de vous salluer de ce nouueau monde et vous dire Madame que nous nous recognoissons extremem[en]t redeuable a votre charité il faust bien dire qu'elle a les bras bien grands puisqu'elle sestant en ces terres escartée faisant du bien a des personnes qui ne luy en ont iamais donné aucun suiect, c'est la une inuention de la véritable charité telle qu'est la votre Madame qui scait lier par ses bien faicts, côme auec des liens très forîs nos cœurs l au vostre nous nous tenons extrêmement honorée de cette faueur de la quelle nous vous rendons mille actions de grâces vous assurant Madame que nous tascherons de la recognoistre deuant Notre-Seigneur. Je ne m'aresteray pas a vous dire des nouuelles de ce qui se passe icy car outre la relation qui vous en dira beaucoup, le Rd Père Le Jeune 2 va en vos 'cartiers c'est une relation viuante qui vous pourra donner toutes sorte de consolation. Reste Madame a vous supplier très humblem[en]t de nous donner une petite part en vos saintes prières ce sera mie nouuelle faueur qui nous obligera de rechef a estre pour touiours.
Madame,
Vostres humbles très obéissante et plus affectionée seruantes,
1. Le mot cœurs est figuré dans la lettre par le dessin, de deux cœurs accolés et suivis des lettres rs.
2. Le voyage du P. Lejeune a été signalé par la Mère Marie de l'Incarnation dans ses lettres à son fils. Voir plus haut, p. 49, no;
Sr Anne de Ste-Claire et Sr Marguerite de St-Atanase.
de notre Séminaire de St-Joseph des Ursulines de Kebec, ce 18e septembre 1641.
Avec votre permission nous saluons votre sainte comuneauté aux pireres (sic) de laquelle nous nous recomendons pour l'establissement de cette Maison.
Lettre de Canada, 18 septembre 1641.
A Madame
Madame l'abesse de Port-Royal en son monastère, à Paris.
Une autre lettre de la même sœur Marguerite de Saint-Athanase, incomplète du début1, et sans suscription indiquant la destinataire, fut envoyée l'année suivante, au même monastère de Port-Royal.
Pour ce qtri est de ce que vous me mendez de feu Mlle Arnaut nous n'en sauions rien i'espère que l'affection que cete bonne ame auoit pour nous nous sera utille dans le ciel et nous obtiendra par ses bones prières demple benediction[s] pour nostre séminaire. Je n'ay point eu le bonheur de cognoistre la Mère de Ligny (quoy que je croye bien que nous soyons parante) ie ne laisseray de vous suplier de luy faire mes très humble Recomendations ie n'escris qu'a Madame son abbesse. je luy escrirois néanmoins volontiers s'i y auoit un peu de cognoissance. la vertu de cette chère cousine me donne un grand désir d'auoir part a ses saintes prières, et a son
1. D'une ligne coupée, en haut de la page, ne subsistent crue les mots : l'affection., mon profit. Il y est question de Mme Arnauld, la mère dos deux abbesses de Port-Royal, et de la mère de Ligui, parente de la signataire.
affection, iespere que votre charité me procurera ce bien qui m'obligera de nouveau à me dire ce que je suis véritablement et de cœur,
Ma chère Mère,
Votre très obligée et très affectionnée Sr et servante en Jesus-Christ.
Marg[ueri]te de St-Athanase,
du Séminaire de St-Joseph des Ursulines de la Mission de la N. France, à Kebec.
ce 27 aoust 1642.
Jésus ^Iarie Joseph Votre sainte bénédiction.
Madame ma très Révérende Mère,
Je ne mérite pas que votre Révérence ait daigné mettre la main à la plume pour m'honorer de l'une de vos lettres, je suis dans une ordinaire confusion de ce que cantités de saintes âmes regarde de si bon œil les pauvres Religieuses de Canada1 lesquelles ont bien d'autres sentimens d'elles mesmes et pour mieux dire que nont d'yeux que pour voir leur misères, et peu de correspondance à la haute grâce que la bonté de Dieu leur a départie, il est uray ma très Rde Mère jay entendu parler des plus SS de Canada tous sont dans leur néant d'une façon admirable tant la veue de l'apel apostolique leur paroit sublime, et leur correspondance petite. Il est vray les sens ne soustiennent point en Canada l'esprit laisse la nature dans les pures croix qui a retrouuvé non