‹ La vénérable Mère Marie de l'Incarnation, première supérieure des Ursulines de Québec; supplément à sa correspondanceChapitre 23 sur 58 · Port-Royal, t. II, p · texte numérisé non relu

Port-Royal, t. II, p

2. Voir les lettres de la Mère Agnès, publiées en 1858 par Faugère, deux vol. in-8<" : Voir aussi Lettres de la Mère Angélique, Utrecht, 1742. 3 vol. Deux lettres, non reproduites dans le volume des lettres, et empruntées à la Préface de la Vie, ont été insérées par Richaudeau, à leur date, ce qui était une idée heureuse, lettre CXX, 9 août 1664, et 27 sept. 1654, let CXXVI. Notez qu'elles contiennent la signature entière, avec R. U. I. ce qu'on ne rencontre que dans les inédites.

Les relations de Marie de l'Incarnation avec les Ursulines de Bordeaux inviteraient à chercher dans les bibliothèques et archives de cette ville. Il est presque impossible qu'un certain nombre de ses lettres n'aient échappé à son fils.

toujours assez respecter le texte. Les retouches qu'il s'y est permises, si légères soient-elles, méritent d'être réparées

Il écrivait en note de la lettre du 20 octobre 1663 : « Cette lettre est imprimée pour la première fois, ainsi que les cinq autres qu'on trouvera plus loin, savoir les lettres CCI, CCVIII, CCXIX et CCXXI. Ces six lettres nous ont été communiquées par la révérende Supérieure des Ursulines de Mons qui en ont conservé les précieux autographes1 ».

Cette référence eût été de nature à rassurer. Toutefois il y faut noter tout au moins une inexactitude. Authentiques, les lettres conservées à Mons le sont toutes, mais la première en date ne peut porter le nom d'autographe, puisque, dans la première phrase, la Vénérable Marie de l'Incarnation explique qu'elle a dû « emprunter la main d'une de ses jeunes professes ».

Probablement elle se sera bornée à la signer. C'est d'ailleurs ce que je n'ai pu vérifier; car je publie ces lettres, non pas de visu, mais grâce à une copie qu'il y a tout lieu de croire exacte, que m'a procurée le • savant historien des Missions des Jésuites au Canada, le P. C. de Rochemonteix. Voici du reste une lettre qui authentique cette transcription.

Mons, le 10 mars 1906.

Très Révérend Père,

J'ai l'honneur de vous retourner les cinq lettres 2 de la Sr Marie de l'Incarnation ainsi que la carte du R. P. C. de Rochemonteix que vous m'avez communiquées. La copie de

1. Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation... Nouvelle édition augmentée de huit lettres inédites et annotée par l'abbé Richaudeau. Tournai, Casterman. 2 vol. in-8° 1876, t. II, p. 259, n. 1.

2. Il faut noter qu'au temps où parut l'édition de M. l'abbé ''Richaudeau, on devait posséder six lettres. Celle qu'il publie, p. 321 de son tome II, en date du 9 novembre 1671, ne figure pas dans la collection qui m'a été communiquée.

ces lettres a été faite ligne par ligne, textuellement, avec les mots répétés, supprimés et ajoutés. A la fin de la dernière lettre, du 24 août 1671, à l'endroit où se trouve l'adresse, j'ai donné un calque du cachet qui est apposé à la lettre originale...

Je vous prie d'agréer, Très Révérend Père, l'expression de mes sentiments les plus respectueux.

Ch. HODEVAERE,

Conservateur-adjoint des archives de l'Etat.

Au R. P. Alf. L'Hoir, de la Compagnie de Jésus, à Mons.

Nous avons donc une transcription qu'on peut tenir pour exacte. Qu'il nous suffise de la reproduire suivant l'ordre des dates.

En

V[ot]re s[ain]te Bénédiction.

Ma Révérende et très honorée Mère,

]Nous avons receu la v[ot]re si tard que les navires étant prest de s'en retourner en france il m'a fallu emprunter la main d'une de nos jeunes professes fille d'une des principalles familles de se pays, pour pouvoir satisfaire, aux questions qu'il vous a pieu me proposer, Vous verrez bien que ,ce n'est pas une sauvage, quoy qu'elle soit native de ce pays, ou les esprits sont fort bons doux et docilles. Nous en avons i, et les autres sont venues de france, les unes séculières les autres comme nous qui avons fondé, R[eligieu]ses professes, nous avons fait espreuve des filles sauvages, elles ne peuvent durer en cloiture, leur naturel est fort mélancolique, et la coutume de la liberté d'aller ou elles veullent estant rete-

Marie de l'Incarnation. «

nue, ocmente cette mélancolie, nous en avons eslevé à la françoise qui scavent lire et escrire; nous les avons mariée avec des françois; les R[évéren]ds Pères et nous nous sommes cotisez pour sela; Il nous en coûta l'année passée, pour le trousseau de deux, 600 livres; nous les avions nourries et entretenue l'une 7 ans, l'autre 4. Elles savent lire et escrire, et si.ont fort bien pourveùes, habilles en leur mesnage, aussi sage et posée que des françoises, on les prend pour françoises, parce qu'an leur pronontiation elles ne diffèrent point des françoises.

Il faut que ie vous die, ma très honorée Mère, qu'il est venu des filles en ce pays qui sont de vos cartiers, il y entre autres (sic) une qui a demeuré à la Visitation, Elle dit qu'on leur a donné, contre v[ot]re volonté, une maison qui est vis à vis de v[ot]re monastère, par ou on alloit soubs terre, il me semble navoir entendu parler à nos mère de france de cette maison : et que Mr v[ot]re archevesque vous y a contraintes K Cella est bien dur, ma chère Mère. Est-il vray. Je ne scay qui en à tant apris a cette fille il semble qu'elle sache tout ce qui se passe en v[ot]re maison de laquelle neantmoins elle parle avec honneur et estime;

I'ay suplié le R[évéren]d Père du Crux de vous visiter et faire part de ce que ie lui escris au subiet des grands tram-

1. « La ville de Mons, soumise aujourd'hui à 1 evêque de Tournai, appartenait en 1663 à l'archevêché de Carnbray. D'après les renseignements que la révérende Mère supérieure de Mons a bien voulu nous fournir, la vénérable mère de l'Incarnation a été trompée relativement à la maison donnée aux Visitandines. Ces religieuses n'ont jamais demeuré dans le voisinage des Ursulines. Ces dernières furent plusieurs fois en contestation avec une communauté dite de Sainte Marie-Madeleine, relativement à l'écoulement des eaux par un canal qui passait sous la rue pour traverser ensuite la propriété des Ursulines. Il est probable «rue l'archevêque sera intervenu, et que de là sera venue l'histoire d'une maison avec tunnel sous la rue. La supérieure qui dirigeait fat communauté de Mons en 1663, et à laquelle cette lettre fut écrite, était française et arrière grand tante de la supérieure actuelle (1876). » (Note de l'abbé Bichaudeau).

blements de terre arrivez en ces contrée, ie vous en envoyé le récit en vers que ie vous suplie aussi de luy comuniquer, et il vous l'expliquera. C'est une nonne personne de piété qui les a composés en suitte des effects de ce grand tramble terre. Tout y est véritable. Ayez le donc pour agréable, et toutes mes R[évéren]des et très honorées mères que ie suplie d'agréer mes très humbles salus.

le vous diray qu'après l'arrivée de Monseigneur n[ot]re digne prélat, nous avons fait n[ot]re élection, i'ay esté mise en la charge de supérieure malgré moy; mais il m'a falu subir cette mortification. Obtenez de Dieu qu'il me fasse la grâce de m'en bien aquirter; pour ce que vous demandez si nous avons un Evesque diosezien, nous avons un Evesque envoyé par n[ot]re s[ain]t Père le Pape, en qualité de son grand vicaire apostolique en toute la nouvelle france, il y a quelque raison pour lesquelles il ne se nomme pas titulaire, qui sont du droit, [Néanmoins le Roy la fondé] l, c'est un homme s[ain]t le père des pauvres et du public. C'estoit un seigneur de la maison de la val, qui est donné à Dieu des sa jeunesse. Le roi l'ayme beaucoup pour son mérite et qualité. Elle vouloit le retenir en france; mais l'amour que ce bon prélat porte à cette nouvelle Eglise a suplie sa maieste dy revenir.

lia très honorée Mère, ie vous suplie de nous continuer l'honneui de votre v[ot]re (sic) affection. Vous m'avez demandé un pied d'ellan. mais ce n'est pas la saison d'en recouvrer, ie ne manqueray pas de vous en envoyer un si ie vis l'an prochain, l'empressement dans le quel nous sommes ne me permet pas de vous entretenir d'avantag pour le présent ie suis, Ma R[everen]de et très honorée Mère, Votre très humble et très obéissante fille Marie

de l'Incarnation.

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