‹ La vénérable Mère Marie de l'Incarnation, première supérieure des Ursulines de Québec; supplément à sa correspondanceChapitre 24 sur 58 · Mots omis par l'abbé Ricbaudeau · texte numérisé non relu

Mots omis par l'abbé Ricbaudeau

De n[ot]re séminaire des ursulines de Kuebec, le 20 doctobre 1663.

Il y a une jeune fille, niepce du R[everen]d père Rousseau, iesuite, qui sort de v[ot]re séminaire qui vous pourra dire des nouvelles de n[ot]re maison et Mr de la Marque, son frère, la remene en France ; elle est de v[ot]re ville.

S'il n'y a pas lieu d'insister outre mesure sur les variantes i'orthographe que l'éditeur, par son système arrêté de se conformer à la manière moderne, était dispensé de retenir, il faut, signaler au moins les retouches de style et plusieurs omissions que rien n'explique.

Ainsi, dans la phrase relative à l'évêque, Mgr de Laval, les mots : néanmoins le roi l'a fondé, que l'éditeur a passés, sans doute parce qu'ils rompent la régularité de la phrase, en se rapportant au siège et non à l'évêque; ainsi surtout les modifications apportées au texte un peu plus loin, où on lit dans l'édition Richaudeau : « Le roi l'aime beaucoup pour son mérite et ses qualités. — Ce qui constitue un contre sens et fausse la pensée, car la Vénérable parlait des mérite et qualité, c'est-à-dire de la naissance et noblesse du prélat. L'éditeur ensuite, gêné par le texte : Elle vouloit le retenir, supplée et corrige : « Sa Majesté voulait... etc. et il arrange à sa manière la fin de la phrase en imprimant : « l'amour que ce bon prélat porte à cette nouvelle Eglise a fait qu'il a supplié pour y revenir. »

Enfin, dans le Post-scriptum précédé par lui de l'abréviation ajoutée P. S. l'abbé Richaudeau a omis un membre de phrase et fait lire : « Du Révérend Père Rousseau, jésuite qui pourra vous dire...

C'est avoir trop souci de la régularité grammaticale que de modifier ainsi les textes qui ont droit d'être plus religieusement traités.

Des libertés analogues sont prises avec les lettres suivantes, qu'il suffira de signaler en notes.

De n[ot]re Séminaire de Québec le 1er Octobre 1669. Jhs. Mra. Jph.

Ma révérende et plus que très chère Mère,

Jésus soit n[ot]re vie et n[ot]re amour pour le temps et l'éternité l, iay receu celle 2 que vous avez eu la bonté de m'escrire avec tout lamour et le respect que je dois à la bonté de v[ot]re cœur si charitable et si cordial de vouloir bien se souvenir de ses pauvres sœurs qui sont en ce bout du monde, ie chery le rencontre3 que vous avez fait du R[évérenjd Père Pierron, le frère duquel demeure proche de notre monastère, dans la maison principale de leur compagnie en ces contrée, lequel n[ou]s a randu v[ot]re chère lestre, laquelle ma comble de ioye et n[ot]re com[munau]tté, y aprenant que notre s[ain]t ordre est estandu dans les lieux que vous descrivez4. le savois bien que les R[évéren]des Mères Ursulines de la Congrégation de Paris estoient establie en Allemagne, et mesme dans la ville impériale, mais, i'ygnorais que n[ot]re congréga[ti]on de Bourdeaux possédât ce que v[ot]re bonté me descrit, i'an rand très humble grâce à N[ot]re-Seign[eu]r et je m'an coniouist avec vous, mon aymable Mère et nos bonnes Mères de Bourdeaux, en repondant à celles qu'elle5 me font lhonneur de m'escrire — permetez moy sil vous plaist de

1. Richaudeau : pour le temps et pour l'éternité... t. II, p. 419. Lettre CCI.

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