Ibid., p
Cette éducation privée, œuvre de la mère elle-même, rendue plus nécessaire de nos jours, mais facilitée aussi, grâce à Dieu, par d'ingénieuses institutions, était aussi une des inspirations des grandes chrétiennes du siècle. Mme de Miramion voulut commencer de la sorte l'éducation de sa fille. Ainsi encore, Fénelon, dans son Traité de l'éducation des fills, domie de beaucoup la préférence à cet enseignement au foyer sur l'instruction dans les couvents. Cependant les écoles annexées aux monastères restaient la ressource obligée. De même crue Mme- de Miramion plaçait bientôt sa fille à la Visitation de la rue Saint-Antoine, ainsi la pieuse mère de la future "Insuline se déchargeait vite du soin de cette éducation, à peine ébauchée, et avant que la jeune Marie eût achevé sa neuvième année, l'envoyait comme pensionnaire chez les Ursulines.
Elle la mena donc à Tours quoiqu'elle ne fût alors âgée que de neuf ans. et la mit entre les mains de la Révérende Mère Jeanne du Teil qui étoit alors Supérieure de ce monastère, et de la Mère Françoise de Saint-Bernard, qui en étoit souprieure.
» Celle -cy la reçut comme un présent du ciel, et luy a depuis fenu lieu de mère pour son éducation et l'a été en effet dans la vie spirituelle jusqu'à ce qu'elle soit passée dans le Canada l. »
Il arriva trop souvent au XVIIe siècle que de jeunes enfants, soit contre leur gré, soit au moins sans égard à leurs inclinations, aient été condamnés, pour ainsi dire, à entrer dans un monastère ; mais ce ne fut point le cas ici. Bourdaîoue, Sermon sur les devoirs des parents env> enfants, ré-
clame énergiquement contre cet abus de pouvoir, et met en scène, par un dialogisme vigoureux, l'aveugle obstination des parents : »
« S'il y a deux ou trois filles dans une famille à pour-