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voir, on ne manquera pas d'en destiner une, même dans le berceau, pour le cloître. — Mais si elle ne s'y sent pas appelée 1 N'importe! — Monsieur et Madame le veulent. — Mais pourquoi ? — C'est qu'il n'y a point d'autre parti pour elle. — Mais si elle n'a pas la grâce de la vocation! — Les mesures en sont prises. — Mais si son inclination ne l'y porte aucunement! — Elle fera tout ce qu'elle pourra quand elle y sera. — Mais si elle n'en a pas la disposition 1 — Elle l'aura quand elle aura pris l'habit.
Et voilà comme on traîne aux pieds des autels une pauvre victime, les pieds et les mains liés, et qui n'ose se plaindre de peur de découvrir la passion du père et l'obstination de la mère1. »
Les détails relatés par la biographie intime de la mère de Saint-Joseph nous montrent qu'en elle, si précoce qu'elle fût, la vocation était nette. Aussi, très aimée de ses compagnes pour son heureux naturel, la jeune pensionnaire s'attacha fortement à cet asile qu'elle aspirait à ne plus quitter. Il fallut presque lui faire violence pour l'en arracher Un instant lorsque sa santé l'exigea.
« Elle devint fort infirme, soit par l'impureté de l'air, soit par la qualité de la nourriture : car comme nos Mères étoient fort pauvres en ces commencemens, les Pensionnaires s'en ressentoient un peu2. »
Ce trait de mœurs, gui a du moins le mérite de la franchise, montre que la pension des Ursulines de Tours n'était pas une bonbonnière. La jeune malade qui craignait, en retournant chez elle, de perdre l'occasion d'entrer en reli-
1. Nouveaux sermons inédits de Bourdaloue. Paris, Beauchesne, 1904. p. 41. On cherchera vainement dans l'édition Bretonnea«a ce passade vigoureux et bien d'autres du môme genre, que les copistes apparemment n'ont point tout à fait inventés. Mais il n'en demeurera pas moins acquis, pour beaucoup d'esprits arrêtés dans leurs anciennes habitudes,», que Bretonneau nous a fidèlement donné tout Bourdaloue, et qu'il n'y a rien à chercher en dehors de l'édition officielle. On en peut juger par cet exemple.