Lettres, p
gion, s'efforçait de cacher son mal, un asthme persistant Efforts superflus; sa mère, avertie, et toute alarmée, eut grand 'peine à faire fléchir son obstination.
« On la porta doucement à céder, à quoi elle donna les mains sur la promesse qu'on lui fit de la ramener en peu de temps.
» Elle ne fut pas longtemps dans la maison de ses parens, qu'elle ne recouvrit sa santé et ses premières forces... A peine eut-elle passé quatre mois avec Messieurs ses parens qu'elle commença à presser son retour aux Ursulines»1. »
Je me suis attardé à dessein sur ces premiers détails de la vie religieuse de cette enfant. Outre le charme du langage de la biographe qui écrit ses souvenirs dans la langue si savoureuse de son siècle, il y a là la trace d'un caractère, On y surprend aussi l'admiration affectueuse du témoin qui revit un passé toujours cher. Marie de l'Incarnation avait vu à l'œuvre cette commençante à l'ardeur insatiable.
« Je fus mise en ce temps-là au noviciat où je fus ravie de voir en une fille de quatorze ans la maturité d'une personne de trente 2t .»,
Elle assista également à l'éveil, ou plutôt au développement de l'esprit apostolique dans cette âme. C'était pour avoir constaté son zèle pour le salut du prochain que la mère de Mlle de la Troche avait choisi pour elle comme pension le couvent des Ursulines, afin que, destinée à un ordre qui se livrait à renseignement, elle pût satisfaire ses aspirations. Mais le désir, si chimérique lui parût-il, des missions lointaines, naquit chez la jeune novice au contact de celle qu'elle devait suivre un jour au Canada. Après avoir raconté la profession de la nouvelle religieuse, elle rappelle que ia lecture de la vie de saint François Xavier fit ses délices, et elle ajoute :