Ibid., p
« Dans ce temps-là l'on commença à faire des relations de ce qui se passait dans la nouvelle France : le Révérend Père Poncet ou quelque autre des Révérends Pères m'en envoioient une tous les ans, scachant que l'on y traitoit d'une matière qui étoit à mon goût.
» Cette lecture échauffoit son cœur et renouvelloit ses désirs. Et comme elle savoit que je soupirois après le bonheur de me sacrifier pour le salut des filles sauvages, <Jle me découvrit, enfin les secrets de son âme K »
Toutefois, malgré la vivacité de ces aspirations, la jeune professe ne s'imaginait pas qu'elles dussent se traduire un jour par l'exercice d'un apostolat dont personne alors n'avait l'idée. L'appel divin devait se préciser lorsqu'en 1639 Mme de la Peltrie, avide de réaliser son vœu de consacrer sa fortune et le reste de sa vie aux missions du Canada, vint, sur le conseil du P. Poncet qui, de longue date, connaissait les désirs de la Mère Marie de l'Incarnation, chercher, au monastère de Tours, des collaboratrices et demander des religieuses capable?, de commencer le « Séminaire » de Québec, pour l'instruction des filles sauvages de la mission de la Nouvelle France. La Mère Marie de Saint-Bernard (tel était en effet le nom de religion de Mlle de la Troche) devait être choisie comme compagne de Marie de l'Incarnation, et prendre à cette occasion le nom du saint Protecteur du Canada et de la mission nouvelle. Laissons le P. Martin, dans la vie de sa mère, nous retracer, à l'aide des relations de la vénérable Marie de l'Incarnation, ces « journées » qui sont tout un drame, simple et grand.
Marie de l'Incarnation, dans son autobiographie, rappelle sommairement l'histoire de ces trois jours consacrés au choix de sa compagne2; mais c'est surtout à 1' « addition », c'est-