‹ La vénerieChapitre 104 sur 138 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Du terni de désayrer les Autours.

^LYS les Autours sont advancez et mieux ils valent. On doit toujours faire ^ choix des premiers nez; le tems le plus ordinaire est la fin de may. J'en ay désayré le douse de juin qui se sont trouvez bons: jen ay désayré le Iquatorse de may qui ont été bons. Pour les prendre je fais monter a l'ayre [une personne qui porte dans sa poche un peloton de fisselle; il en attache )un bout a quelque branche, auprès de Tayre, et laisse tomber le ploton, auquel on attache un petit panier, ou boutillon. S'il est couvert il en est meilleur: la personne qui est montée a l'aire retire a luy le panier , et y met les autours; après quoy il les dessent avec la mesme fisselle. Les oyseaux désayrez ainsy ne se font jamais de mal, et on ne peut pas les étouffer comme ceux quon met dans la chemise ou dans la poche. On estime les Autours qui sont grands quand on les désayré, mais il y a beaucoup d'inconvénients. Quelquefois, ils se jettent en bas de l'ayre, et se toent ou cassent les ailes et les jambes; ou sils ne se font pas de mal ils deviennent méchants et ne veullent point manger, comme j'ay souvent veu arriver. Le meilleur tems de les prendre est lors qu'ils sont blancs, et quils commançent a noircir : quils soient un peu plus gros que le poing; les ayant de cette taille on les met dans un panier dans une chambre bien chaude et sèche, et couverts aflin quils ne sentent pas de froid; et dans le panier il faut de la paille afiin quils soient couchez a leur aise et chaudement. Leur nourriture sera de bonne viande chaude, comme pigeonneaux, moineaux, oysons et poulets. Hais on ne se sert des poulets qu'au defiault d'autre viande; les i*ats et souris sont aussy fort bons a nourrir les jeunes oyseaux : on leur donne la viande bien hachée, et quelque peu de plume avec, nflin de les faire curer. L'heure qu'on les fera manger sera le matin régulièrement a sept heures, et le soir a cinq heures. Après les avoir gardé deux ou trois jours dans la chambre, il faut avoir une barique, que Ion défoncera par un bout: on la pose sur ce costé eslevée de terre d'environ

Bh iij

trois pieds, dessous quelques arbres bien fournis débranches; et auprès un bacquet que Ion remplira deau fraische touts les deux jours. La barique, bien attachée, quelle ne remue en auqu*unc façon; et l'ouverture tournée vei-s le soleil levant. Il faut mettre dedans des feuilles d*h}ébles, que Ion changera touts les deux jours, et quelque petite planche au devant. Pour empescher les petits oyseaux de tomber, on les mettra dans cette banque: après quils y auront été six ou sept sepmaines, toujours nourris a sept heures au matin et a cinq heures au soir, on les prendra le soir , sans les faire soupper, et ils seront alors garnis de leurs jets et sonnettes; et on les mettra sur la perche, essayant a les faire manger sur le poin. J'en ay gardé cinq jours sans vouloir manger qui sont après venus fort doux. Plusieurs personnes ont devé des faucons de cette manière; mais après ils sont de mauvaise volonté et vous laissent à la chasse, pour revenir à la maison. le ne conseille a personne de sy risquer : pour moy ie ne le ferois pas, et ie trouve quil est bien mieux de nourrir les faucons dans la mue , ou dans une autre chambre ; ils en sont plus doux, et plus faciles a dresser.

Page 1