‹ La vénerieChapitre 70 sur 138 · CHAPITRE LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LUI

OUS Seigneurs qui voudront exercer la chasse des chiens de terre, il faut qu'ils soient equippez et garnis des choses qui s'ensuiuent. Premièrement, d'\iie demy- I douzaine de forts hommes pour bescher, d'^-ne demy-douzaine de bons et forts chiens de terre, pour le moins, qui aient chacun vn collier au col, large de trois I doigts , et gamy de sonnettes , pour l'entrée des terres , afin que les Tessons s'acculent plûtost, et aussi que les colliers les garderont d'estre blessez. Et à l'heure qu'on verra les Tessons acculez, ou que les Bassets soient las, et hors d*haleine, ou que les sonnettes fussent pleines de terre, il faudra prendre les Bassets, et leur ester les colliei*s mais au commencement ils sèment grandement, d'autant que le Tesson s'en accule plûtost. Plus pour reuenir au propos , le Seigneur doit auoir sa petite charrette , là où il sera dedans , auec la fillette, aagée de seize à dix-sept ans, laquelle luy frottera la teste par les chemins. H doit auoir demy douzaine de mantes, pour ietter contre terre, afin d'escouter Tabboy des Bassets : eu bien pourra porter un lict plein de vent, lequel on pourra faire en cette manière. Il faut coudi-e des peaux ensemble, en carré, et de la grandeur d'vne paillace, et que les coustures en soient aussi subtiles que celles d'vne baie : puis quand tout sera bien cousu tout autour, il faudra mettre à yn des coings vn petit buffet , en façon de celuy d'vne baie ou d'vne cornemuse qui se ferme de luy-

VENERIE PAR

mesme quand le vent sera dedans, puis remplira auec vne seringue, ou auec vn bon souflet» fait à la semblance de celuv d*vn Orfeure.

Toutes les cheuilles et paux de la charrette doiuent estre garnis de flacoons et bouteilles, et doit auoir au bout de la charrette vn coffre de bois, pleins de coqs-dinde froids, iambons, langues de boeuf, et autres bons bamois de gueule. Et si c*est en temps d'hyuer, il pourra faire porter son petit pauillon, et faire du feu dedans pour se chauffer, ou bien donner vn coup en robbe à la Nymphe. Les instruments pour bescher, doiuent estre, premièrement des Tarières, de deux sortes de Pietés : sçauoir est, de larges et d'estroites, vn coupant fait en fa^n d'vne Pieté, lequel doit estre acéré pour coupper les racines, vne Besche fort large, pour tirer la terre , vne Racle pour ouurir les mères et goulets , de laquelle on tirera la terre hors , des Tenailles pour arracher et tirer les Tessons des pertuis , des Paesles de fer et de bois , des sacs pour mettre les Tessons vifs, dedans, vne paesle ou autre vaisseau pour faire boire les petits Chiens. Et tmt que le Seigneur marche en bataille de cette façon, equippë de tous les ferrements cj dessus mentionnez, afin d'aller donner l'assaut aux gros Tessons et Vulpins en leur fort, et rompre leurs chasmates, plocu, paraspets, et les auoir par mine, et contre-mine, iusques au centre de la terre, pour en auoir les peaux à faire des carcans pour les arbalestiers de Gascongne. Fay pourtrail cy après la forme et feçon de chacun des ferrements.

lACQYES DV FOYILLOVX.

Les Ferrements.

Tarière pointue , pour faire la première perce. Tarière ronde, pour percer et enleuer la terre. Tarière plate, pour fermer les mères.

VENERIE PAR

Piètre estroite, pour bescher la terre.

Piètre large, pour bescher la terre.

Bezocbe large, pour tirer la terre.

Tenailles, pour prendre les Tessons.

lACQVES DV FOVILLOVX.

Pftesle de fer, pour bescher.

Bâcle, pour nettoyer les mères et pertuis. Couppant acéré, pour coupper les racines. Paesle de bois, pour ietter la terre.

p ij

VENERIE PAR

Page 1