‹ La vénerieChapitre 79 sur 138 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

( L y a en France cent mille Chiens courans, qui tous ne sçauroient auoir mis ^vn loup hors du bois, là oii auec vn seul des miens ie le feray vuider. U y a [bien plus, c'est que les Chiens qui ne sont point dressez pour le loup, s'ils [entrent dedans le bois en buisson, se retirent incontinent hors du bois, ayans ^le poil hérissé, et le plus souuent le loup en rauit deux ou trois, les Gentils- S^hommmes mes voisins, scauent bien qu'il est vray, et que le plus souuent perdent de leurs Chiens : ce qui ne m'est iamais aduenu depuis cinquante ans que ie me suis mesié de faire la guerre aux loups. Il est donques requis que les Princes et grands Seigneurs ayent des chiens, s'il est possible, qui soyent de la race de ceux qui ayment à chasser le loup, et les faire bien nourrir ensemble, afin qu'ils soient grands, forts et hardis. Et si d'auanture n'y a Chiens pour les dresser, qui soient desia faicts, et entendent la Chasse, sera bon faire abbatre et amener vn carnage près quelque moulin à eau, de Tautre costé de la petite riuiere ou ruisseau : et là dedans ce moulin faire cacher vn bon arbalestier, gamy de son arbaleste, et d'm ciseau pour tirer au loup dés qu'il viendra manger au carnage : puis l'ayant blessé, amener les ieuues chiens, non plus aagez que d'vn an , ou bien près et les mettre sur le sang par oii le loup passera, en les excitant et donnant courage, mesme les conduire auec bonne compagnie de gens : par ce moyen ils ne faudront à suiure le train et sang espandu, et iront trouuer le loup blessé, qui ne se pourra à grand peine releuer, lequel ils abbayeront et s'il est mort, le piétonneront et foulleront auec leurs pâtes. Cela faict, sera bon d'escorcher le loup, et en mettre la chair cuire, puis quand elle sera fort cuite, la découper par morceaux, et auec pain de bon froment, laict et fromage, le tout meslé ensemble, l'enuelopper dedans la peau du loup escorché, pour en attirer et receuoir l'odeur et le flair : puis en sonnant le forhu et les trompes, ouurir la dite peau, sur laquelle sera la teste du loup, ayant la gueule ouuerte, et laisser les chiens venir manger tout ce qui est ainsi mis sur la peau. Autant en doit*on faire des premiers loups qu'ils chasseront, après les auoir pris.

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DE LA CHASSE DY LOVP. 84

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