DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Venise, 29 décembre 1848.
Citoyen Président,
Le libre suffrage du peuple français, en vous portant au premier siège de la République, appelle autour de vous les félicitations des États européens. Venise, cernée par les années ennemies qui lui contestent jusqu'à la vie de ses lagunes, vous envoie aussi les siennes. Elle se présente à vous dans la splendeur de sa noble misère, des sacrifices inouïs qu'elle fait pour son indépendance, et, à ce titre, elle croit que sa voix ne vous sera pas indifférente.
Ck)mme interprète de ses sentiments et de ses vœux, et comme représentant de son gouvernement, elle vous adresse le citoyen Valentin Pasini.
Il vous dira comment nous sommes animés à la résistance par les promesses généreuses de la France pour le complet affranchissement de l'Italie, et comment notre foi de l'obtenir est augmentée par les souvenirs mêmes qui s'attachent à votre nom et par la gloire nouvelle dont vous voudrez l'entourer !
Veuillez, citoyen Président, accueillir avec bienveillance l'envoyé de Venise. Nous sommes persuadés que vous, ancien soldat de la liberté italienne, vous êtes appelé par la Providence à reconstituer la nationalité de la grande patrie des Napoléonides.
Agréez, citoyen Président, les assurances de notre haute
considération.
Manin, Graziami, Càvedalis.